Kinshasa, 16 juin 2026 (ACP). – Le Parlement est un acteur clé de la gouvernance, du financement et de la redevabilité de la lutte contre le paludisme en République démocratique du Congo, a soutenu mercredi à Kinshasa le président de la Coalition des parlementaires pour l’élimination du paludisme en Afrique (Copema/RDC), lors d’une réunion trimestrielle.
« Le Parlement est un acteur clé de la gouvernance, du financement et de la redevabilité de la lutte contre le paludisme. Nous avons trois rôles à jouer : le contrôle parlementaire, l’institutionnalisation de la multisectorialité et l’adoption des mesures favorables », a déclaré l’honorable Dieudonné Mposhi, président de la Copema section RDC.
Abordant le contrôle parlementaire, ce député national a insisté sur le suivi de la mise en œuvre du Plan stratégique national 2026-2030.
« Nous devons savoir ce qu’a fait chaque intervenant. Chaque service qui intervient doit rendre compte. Notre rôle est de demander des comptes au secteur concerné et de faire un suivi sectoriel pour que les acteurs puissent justifier leurs actions », a-t-il dit.
Concernant la multisectorialité, le président de la Copema-RDC estime que l’élimination du paludisme ne peut réussir sans l’implication coordonnée de plusieurs ministères.
« L’objectif est d’aligner les interventions opérationnelles et sectorielles pour atteindre l’éradication définitive de la maladie », a-t-il expliqué.
Le troisième axe porte sur le financement durable.
M. Mposhi a révélé qu’une délégation composée de parlementaires, de représentants de la société civile et de partenaires a rencontré le secrétaire général à la Santé pour plaider en faveur d’une ligne budgétaire spécifique à la lutte contre le paludisme.
« Le montant global présenté pour atteindre l’objectif d’ici 2030 est de 2 milliards USD. Comment y parvenir sans une ligne budgétaire propre ? », s’est-il interrogé.
Il a par ailleurs salué l’ouverture du ministère du Budget, dont la secrétaire générale a sollicité l’appui des partenaires pour intégrer la lutte contre le paludisme dans leurs programmes.
Ce député a par contre déploré la difficulté de suivi et de priorisation des financements au sein du ministère de la Santé, où plusieurs programmes se partagent une enveloppe globale.
« Le paludisme est une réalité que même un enfant connaît dans notre pays. Pourquoi abandonner un financement consistant alors que les statistiques restent élevées ? », a -t-il indiqué.
Pour éviter la répétition des blocages de l’année précédente, la coalition a choisi d’anticiper le processus budgétaire. « La porte du Parlement est largement ouverte. Si le travail est préparé en amont, notre suivi sera plus efficace », a-t-il conclu, affirmant que les parlementaires ne croiseront pas les bras face à cette urgence de santé publique. ACP/M/HM

