Kinshasa, 16 juin 2026 (ACP). – L’élimination du paludisme est l’affaire de toute la nation, a soutenu mercredi à Kinshasa, en République démocratique du Congo, un député lors de la session semestrielle réunissant les parlementaires de la Coalition pour l’élimination de cette maladie.
« J’appelle le parlement à interpeller l’ensemble des 54 ministères qui composent le gouvernement, au-delà de ceux traditionnellement actionnés. Le parlement doit solliciter les Finances, l’Infrastructure, l’Environnement et l’Éducation, car l’élimination du paludisme n’est pas uniquement l’affaire du ministère de la Santé, mais celle de toute la nation », a déclaré le Dr Jean-Simon Mfuti, vice-président de la commission socioculturelle de l’Assemblée nationale.
S’adressant aux représentants du Programme national de lutte contre le paludisme, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux organisations de la société civile, le Dr Mfuti a salué l’engagement constant de ces acteurs dans la réduction du poids de la maladie et le renforcement du système de santé.
Pour lui, cette rencontre intervient alors que le pays enregistre des avancées, mais reste confronté à une résurgence inquiétante.
Selon le député, en 2024, la RDC a enregistré près de 29,12 millions de cas de paludisme. Les décès liés à cette maladie ont connu une hausse de 42,6 % sur la même période, passant de 21 695 à 30 938 morts.
De plus, le nombre de cas a augmenté de près de 29 % entre 2021 et 2024, signe d’une recrudescence malgré les efforts du gouvernement et de ses partenaires.
« Derrière ces chiffres se trouvent des vies. Des familles endeuillées, des enfants privés d’avenir et des communautés fragilisées », a indiqué le parlementaire.
Il a rappelé que la RDC représente à elle seule près de 12,5 % du fardeau mondial du paludisme, une réalité qui interpelle et oblige à agir avec détermination.
« Au-delà de l’impact sanitaire, le paludisme constitue un frein au développement économique et social.
Il réduit la productivité des travailleurs, augmente l’absentéisme scolaire, affaiblit les revenus des ménages et exerce une pression constante sur le système de santé.
Pourtant, la maladie reste souvent dans l’ombre d’autres urgences sanitaires qui mobilisent davantage l’attention et les ressources », a-t-il dit.
Cet élu a fait savoir que cette session semestrielle doit permettre d’examiner le plan stratégique national de lutte contre le paludisme 2026-2030, d’analyser les besoins et les financements, et d’identifier les priorités d’intervention.
« L’objectif est de dégager des solutions réalistes et durables pour renforcer la réponse nationale », a-t-il ajouté.
Le député a inscrit cette démarche dans la vision du président de la République, qui fait du développement du capital humain et de la santé des populations un pilier de l’action gouvernementale.
« La couverture santé universelle, la protection des populations vulnérables et la résilience du système sanitaire y occupent une place centrale », a-t-il noté.
Il a réaffirmé la disponibilité de l’Assemblée nationale à accompagner toutes les initiatives visant à mobiliser les ressources domestiques, à améliorer la gouvernance du secteur de la santé et à préserver les acquis.
Face à cette urgence sanitaire sociale et économique, a-t-il conclu, l’inaction n’est plus une option plutôt que la responsabilité d’inscrire cette action dans la durée.
ACP/M/HM
RDC : « L’élimination du paludisme est l’affaire de toute la nation » (député)
Dr Jean-Simon Mfuti Kaku
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