Kinshasa, 21 octobre 2026 (ACP).- Le ver de terre laboure, nourrit et régénère silencieusement nos sols, a indiqué un environnementaliste mercredi à Kinshasa capitale de la République démocratique du Congo, à l’occasion de la journée mondiale des vers de terre célébrée le 21 octobre de chaque année.
« Le ver de terre ne possède ni tracteur, ni engrais industriel, ni laboratoire. Pourtant, il laboure, nourrit et régénère silencieusement nos sols. Le protéger, c’est préserver notre agriculture, notre environnement et notre avenir alimentaire», a déclaré le Pr Augustin Ngé Okwe, environnementaliste.
« Sans sols vivants, il n’y a pas d’agriculture durable et sans agriculture durable, il ne peut y avoir de sécurité alimentaire durable en RDC. Protéger les vers de terre, c’est protéger la fertilité de nos terres et les moyens de subsistance de millions d’agriculteurs congolais. », a-t-il poursuivi.
Selon lui, les vers de terre sont indispensables à la fertilité des sols, à la production agricole et à la protection de l’environnement. Ils assurent notamment l’aération naturelle du sol en creusant des galeries, ils facilitent la circulation de l’air, l’infiltration de l’eau et le développement des racines. Ils contribuent à la fertilisation naturelle, participent à la décomposition des feuilles mortes et des autres matières organiques, améliorant ainsi la disponibilité des éléments nutritifs pour les plantes, ils améliorent la structure du sol, favorisent l’infiltration des eaux de pluie et contribuent à réduire le ruissellement et les risques d’érosion, en soutenant la productivité agricole et, par conséquent, la sécurité alimentaire.
Enfin, leur présence et leur abondance constituent des indicateurs utiles de l’activité biologique et de la qualité des sols, même si elles dépendent également des conditions écologiques locales. Pour cet expert, en résumé, les vers de terre sont de véritables laboureurs naturels et partenaires silencieux des agriculteurs.
D’après l’environnementaliste, on distingue trois grands groupes de vers de terre notamment, les épigés, qui vivent à la surface du sol, dans la litière et les matières organiques en décomposition, les endogés, qui vivent principalement à l’intérieur du sol et y creusent des galeries et les anéciques, qui creusent des galeries profondes et remontent à la surface pour se nourrir.
Selon une étude conduite entre 2017 et 2019 à Mbanza-Ngungu, dans le Kongo Central, neuf espèces ont été identifiées appartenant à deux familles.
Le professeur Ngé a rappelé que pour protéger les vers de terre, il faut avant tout protéger leurs habitats, c’est-à-dire les sols, promouvoir l’agriculture durable, notamment l’agro écologie, l’agroforesterie, le compostage et la fertilisation organique, limiter les labours profonds et répétitifs, qui perturbent les galeries et les habitats des vers de terre, lutter contre la déforestation, les feux de végétation incontrôlés, l’érosion et la pollution des sols, notamment dans les régions soumises aux activités minières, encourager les agriculteurs à maintenir une couverture végétale et à restituer au sol une partie des résidus de récolte,
« En RDC, nous devons intégrer la biodiversité souterraine dans les politiques agricoles et environnementales, renforcer la recherche scientifique et sensibiliser les communautés rurales », a-t-il dit avant de poursuivre « Aujourd’hui, mon message s’adresse aux agriculteurs, aux chercheurs, aux autorités publiques et à toute la population congolaise. Nous devons comprendre qu’un sol fertile n’est pas simplement une terre sur laquelle nous cultivons. C’est un écosystème vivant, composé de millions d’organismes qui travaillent quotidiennement pour maintenir sa productivité. »
« La RDC dispose d’un immense potentiel agricole. Mais ce potentiel ne pourra être durablement valorisé si nous continuons à dégrader nos sols .J’invite donc les pouvoirs publics à promouvoir une politique nationale de restauration de la fertilité des sols et à encourager la recherche sur la biodiversité souterraine. J’encourage également les agriculteurs à adopter des pratiques qui préservent ces précieux organismes » a-t-il conclu.
ACP/ Kya/Die/Kap

