Kinshasa, 28 septembre 2026 (ACP).– Un plaidoyer pour la réouverture progressive des affectations des médecins a été lancé, lundi à l’ACP, auprès du gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) par le coordonnateur du Collectif des médecins sans affectation, en vue de favoriser leur autonomie.
« Quatre ans après la suspension des affectations, nous rencontrons beaucoup de difficultés, à tel point que nous avons du mal à exercer pleinement notre profession. Pourtant, l’envie de servir notre pays dans le domaine médical est fortement présente. C’est ainsi qu’en tant que coordonnateur des médecins sans affectation, je plaide auprès du gouvernement pour la réouverture des affectations, afin de favoriser notre autonomie », a déclaré le Dr Lepriya Mananasi.
Selon ce médecin, il est important de reconnaître que l’obtention du diplôme de médecine ne donne pas automatiquement accès à un emploi à la fonction publique. Il a précisé que le recrutement de nouveaux agents doit notamment répondre aux besoins identifiés par le ministère sectoriel, tout en tenant compte des procédures administratives ainsi que des capacités budgétaires de l’État.
Il a, par ailleurs, fait savoir que la RDC fait face à d’importants besoins en ressources humaines.
« La RDC fait face à d’importants besoins en ressources humaines en santé, notamment dans les provinces et les zones confrontées à des difficultés d’accès aux soins », a-t-il dit, citant les défis sanitaires liés aux épidémies et aux maladies à potentiel épidémique, à l’instar d’Ebola, de la Mpox et du choléra.
Selon lui, ces crises nécessitent un système de santé disposant de ressources humaines suffisantes.
À la question de savoir s’il faut affecter tous les médecins diplômés, il a souligné qu’il convient surtout de déterminer où se situent les besoins réels, mais également comment l’État peut y répondre progressivement en fonction de ses capacités.
De son côté, le Dr Glodie Mongba, porte-parole du Collectif des médecins sans affectation, a salué les réformes entreprises par le ministère de la Fonction publique en matière de recrutement et de régularisation des agents, ainsi que les initiatives du ministère de la Santé publique.
« Il serait injuste de ma part de ne pas saluer les réformes entreprises par le ministère de la Fonction publique en matière de recrutement et de régularisation des agents, ainsi que les initiatives du ministère de la Santé publique pour le renforcement du système de santé et la mobilisation des ressources en faveur de la couverture santé universelle », a-t-il ajouté.
Pour ce médecin, le dialogue institutionnel et une approche constructive doivent être privilégiés, estimant que la question des médecins non affectés doit être abordée à la fois sous l’angle de l’emploi public, de la planification sanitaire et de l’accès de la population aux soins.
Revenant sur leur sollicitation, il a proposé une réouverture progressive et planifiée des affectations en accordant une attention particulière aux provinces et aux structures sanitaires présentant des déficits en personnel médical.
Il a également suggéré d’examiner les possibilités d’affectation dans les nouvelles infrastructures sanitaires réalisées dans le cadre du programme des 145 territoires.
« Il est important d’examiner les possibilités d’affectation dans les nouvelles infrastructures sanitaires réalisées dans le cadre du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145), lorsque les conditions administratives, techniques et budgétaires sont réunies », a-t-il suggéré.
Le Docteur Mongba a, par ailleurs, détaillé la vision du collectif pour mener à bien cette démarche.
« Cette démarche devrait s’inscrire dans une politique globale de gestion des ressources humaines en santé fondée sur cinq étapes : recenser les médecins disponibles, cartographier les besoins, planifier les recrutements, recruter progressivement et affecter les médecins en fonction des besoins prioritaires », a-t-il conclu.
Le Collectif des médecins sans affectation est une structure créée en octobre 2022 par le Docteur Lepriya Mananasi. Il dispose d’un fichier numérique de 4 000 médecins sur toute l’étendue du territoire national afin de plaider la cause des médecins non affectés et solliciter la reprise de la procédure d’affectation, suspendue depuis quatre ans.
ACP/MN/SP.

