Kinshasa, 19 décembre 2025(ACP).- La restitution d’une analyse sur la contribution à la démarche des reformes de la politique forestière nationale en République démocratique du Congo (RDC), a fait l’objet d’un atelier organisé vendredi à Kinshasa, par le Conseil pour la défense environnementale par la légalité et la traçabilité (CODELT), une structure environnementale.
« Aujourd’hui, nous organisons cet atelier de restitution d’une analyse faite au niveau du Conseil pour la défense environnementale par la légalité et la traçabilité (CODELT) qui vise à porter une contribution au rapport de diagnostic élaboré à l’initiative du ministère de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du climat », a déclaré Me Augustin Mpoyi, conseiller technique principal du CODELT.
« Nous sommes dans une démarche citoyenne pour contribuer à l’enrichissement du diagnostic parce que vous savez que le diagnostic est important, essentiel, surtout quand on considère que nous sommes dans une démarche de formulation d’une politique forestière nationale », a-t-il insisté
Selon Me Mpoyi, la politique est appelée à se nourrir des données du diagnostic. C’est une réponse aux problèmes majeurs identifiés dans le diagnostic.
« Il y a déjà un certain parcours qui a été fait avec l’initiative portée par le ministère de l’Environnement. Un premier diagnostic a été réalisé, un document provisoire de politique forestière a été formulé et notre action s’inscrit dans la contribution à l’enrichissement de ce rapport de diagnostic du gouvernement, mais en même temps aussi à l’amélioration du contenu matériel de la politique forestière. C’est pour ça qu’après avoir travaillé en interne, on a voulu partager les conclusions de nos réflexions qui s’inscrivent vraiment dans une démarche contributive », a expliqué cet acteur de la société civile.
Il a indiqué que sa structure a procédé à l’analyse de la plupart des documents du rapport de diagnostic, mais également du contenu du document du projet sur la politique forestière nationale proposé par l’équipe du ministère de l’Environnement.
« Vous avez l’articulation entre le régime forestier moderne et le régime coutumier. C’est une question qui n’a pas été suffisamment bien analysée pour voir comment les droits de l’État et les droits des communautés convergent dans une nouvelle vision de politique forestière », a dit Me Mpoyi. Il a martelé sur la question de la parafiscalité forestière qui dysfonctionne, et sur l’analyse complète de la situation de la parafiscalité qui n’a pas été faite.
Des recommandations pour le projet de réforme de la politique forestière nationale
En outre, quelques recommandations ont été proposées pour contribuer et améliorer le document du projet du gouvernement, notamment un état de lieu du dispositif de gestion des plaintes liées aux projets forestiers dans le pays.
« Nous voulons que dans le cadre de cette réforme qu’il y ait réévaluation du dispositif de gestion sociale, notamment un état de lieu du dispositif de gestion des plaintes à l’échelle des projets, lorsque les activités d’un projet forestier porte préjudice aux intérêts vitaux des populations », a préconisé M. Mpoyi.
S’agissant de statuts des forêts, la structure a recommandé l’évaluation de l’état de reconnaissance et de la sécurisation des droits de l’État et des communautés locales sur les forêts essentiellement coutumier, en vue d’ouvrir la voie soit au maintien du système ou à son amélioration.
Pour André Hilaire Kashikisha, directeur exécutif du CODELT, cet atelier poursuit l’objectif de recueillir les contributions, commentaires et suggestions des parties prenantes, en vue de les consolider dans une version finale du rapport critique produit par la Cellule de veille stratégique Environnementale (CVSE) du ministère de tutelle. Cet atelier allant du 19 au 20 décembre, a été organisé avec le concours du partenaire financier, dont « Oldf Palmes Internationella Center », selon les organisateurs.
ACP/C.L.

