Kinshasa, 09 mars 2026 (ACP).- L’outil d’analyse des données qualitatives de la réponse aux épidémies a été au centre d’un atelier de formation des acteurs impliqués dans la riposte aux urgences sanitaires, ouvert lundi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
« Face aux défis croissants liés à l’infodémie, aux rumeurs et à la circulation rapide d’informations parfois erronées, il devient indispensable de renforcer les capacités des acteurs impliqués dans l’analyse et la gestion des données communautaires. La maîtrise des outils d’encodage, d’analyse et d’interprétation des données qualitatives constitue aujourd’hui un levier important pour améliorer la prise de décision et orienter efficacement les stratégies de communication et d’engagement communautaire », a déclaré le Dr Christian Ngandu, coordonnateur du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), représentant du directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP).
Selon lui, cette formation permettra aux participants d’acquérir des compétences pratiques pour une meilleure gestion et analyse des feedbacks communautaires.
Dr Ngandu a invité chacun des acteurs à participer activement aux différentes sessions, à partager leurs expériences de terrain et à tirer pleinement profit de cette opportunité de renforcement des capacités.
De son coté, Ariel Kestens, chef de délégation au sein de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), a indiqué que la Croix-Rouge de la RDC, en tant qu’auxiliaire des pouvoirs publics dans le domaine humanitaire et sanitaire, avec l’appui de la FICR, joue un rôle de passerelle entre les communautés et le système de santé.
À travers son réseau de volontaires, a-t-il poursuivi, elle recueille de manière systématique les retours d’information, les préoccupations et les perceptions des communautés.
Selon lui, l’analyse structurée de ces données permet non seulement d’y répondre de manière appropriée, mais aussi d’ajuster les stratégies de riposte afin qu’elles soient mieux adaptées aux réalités locales.
« Je suis convaincu que cet atelier, qui marque le début d’un processus appelé à se renforcer dans le temps, contribuera à placer de manière plus systématique la voix des communautés au cœur de la riposte aux épidémies », a-t-il dit.
Pour sa part, Delayo Zomahoun, directeur pays du Centre africain pour la surveillance et la prévention des maladies (CDC Afrique), a fait savoir que les données qualitatives sont très importantes, car sans elles, il est impossible d’aller au fond des problèmes, des défis et des barrières empêchant d’atteindre le succès des interventions.
Il affirmé que le CDC, en étroite collaboration avec le ministère de la Santé, le COUSP et les autres partenaires, a développé un outil Excel très simple et accessible pour faciliter l’analyse thématique des données textuelles.
« C’est un outil qui a déjà été testé, dont l’efficacité a été prouvée. Et pour nous, en tant que CIDI, c’est vraiment une opportunité d’apporter cette contribution à la RDC. Cet outil a déjà été utilisé dans plusieurs contextes d’urgence et a montré qu’il peut aider à transformer un grand volume de retours communautaires en informations utiles pour orienter la prise de décision », a-t-il poursuivi.
La RDC fait face de manière récurrente à des urgences sanitaires, notamment les épidémies de maladie à virus Ebola, la Mpox et le choléra. Ces situations exigent une réponse rapide, coordonnée et fondée sur des données fiables provenant à la fois du système de santé et des communautés. ACP/JF

