Sida : le gouvernement appelé à consacrer des fonds à la prévention des adolescents (Une ONG)

Kinshasa, 2 décembre 2025 (ACP).- Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a été appelé mardi à Kinshasa, par une ONG, à consacrer des fonds domestiques à la prévention des adolescents, à l’occasion d’une manifestation relative à la 37ème Journée mondiale de lutte contre le Sida (JMS 2025).

« L’objectif national d’une riposte équitable pour une RDC sans VIH/sida d’ici 2030 ne peut être atteint sans travailler pour et avec les jeunes. Convaincue que comme l’a rappelé le Chef de l’État, la jeunesse n’est pas un fardeau, mais une chance pour la nation, d’où le gouvernement doit consacrer des fonds domestiques à la prévention et à la prise en charge des adolescents », a soutenu Hyancinthe Phanzu, coordinatrice nationale du Réseau des associations congolaises des jeunes (RACOJ/RDC).

« Les données nationales montrent une sexualité précoce insuffisamment protégée, avec 16,1% des garçons de 15 à 17 ans et 61,1% des jeunes filles de 18 à 24 ans ayant eu leur premier rapport sexuel avant 18 ans. Par ailleurs, le Programme national de santé de l’adolescent indique que 90% des premiers rapports sexuels chez les jeunes sont non protégés, ce qui alimente la prévalence croissante des infections sexuellement transmissibles », a-t-elle ajouté.

Elle a rappelé que selon les enquêtes de surveillance, la prévalence des Infections sexuellement transmissibles (IST) chez les jeunes filles de 15 à 24 ans est passée de 9,2% (2013-2014) à 11,4% (2023-2024), contre 6,4% à 11,4% chez les garçons sur la même période.

« Malgré cette situation jugée alarmante, il y a un dépistage insuffisamment orienté vers les jeunes, l’absence de subventions pour leur prise en charge et un modèle stratégique qui laisse cette frange pourtant 60% de la population en marge des services essentiels », a-t-elle déploré. 

De son côté, Ange Mavula, représentant des personnes vivant avec le VIH (PVVIH), a rappelé que cette journée est un temps de mémoire, de solidarité et d’engagement, en hommage aux 440.000 personnes décédées des causes liées au sida à travers le monde. 

« Derrière chaque statistique, il y a une vie, une famille, une histoire. Le sida n’est pas seulement un enjeu de santé, c’est aussi une question de dignité humaine et de justice sociale », a-t-il dit, appelant au renforcement de la prévention, à l’accès au traitement et à la protection sociale pour atteindre les objectifs fixés pour 2030.

Il a, en outre, insisté sur la lutte contre la stigmatisation et la discrimination qui persistent à l’égard des personnes vivant avec le VIH en RDC, où vivent environ 520.000 personnes, dont 13% ignorent leur statut sérologique et 13% n’ont pas accès aux antirétroviraux. « Chez les enfants, seuls 44% bénéficient d’un traitement adapté », a dit cet acteur de la société civile.

Plusieurs activités ont marqué la JMS, célébrée le 1er décembre de chaque année dans le but de sensibiliser la population au danger de cette pandémie du sida. Il s’agit, notamment d’expositions, des visites dans des stands, des conférences et ateliers. ACP/C.L.

Fil d'actualités

Sur le même sujet