Équateur : la baisse de sensibilisation aux dangers de contamination par le VIH/SIDA déplorée

Mbandaka, 2 décembre 2025 (ACP).- La baisse de sensibilisations et des informations sur la contamination par le VIH/SIDA a été déplorée mardi, par un médecin à Mbandaka, dans la province de l’Équateur, ouest de la République démocratique du Congo, dans un entretien avec l’ACP, en marge de la Journée mondiale contre le VIH.

« Je tiens à exprimer ma consternation : les jeunes ici à Mbandaka vivent sans la moindre crainte de contamination par le VIH/SIDA ou d’autres infections sexuellement transmissibles. Des comportements à risque, tels que la consommation de drogues, l’usage de seringues et les rapports sexuels non protégés, sont malheureusement fréquents dans la ville de Mbandaka, ce qui montre combien notre jeunesse est exposée. La sensibilisation et l’information sont peu valorisées », a déclaré le Dr Paulin Lufeta, médecin directeur du centre de santé pilote « Marie Mère de la Miséricorde ».

Selon lui, l’ignorance de l’état sanitaire réel constitue un danger permanent de contamination. « La notion de dépistage est quasi inexistante chez nos jeunes. Or, la consommation de drogues et les rapports sexuels sont pratiqués de manière imprudente. Je crois que la question de l’information relative aux risques doit être une priorité, tout comme pour d’autres épidémies. »


Le Dr Paulin Lufeta considère que la sensibilisation communautaire est un moyen efficace de réduire le taux de contamination. « Je soutiens qu’il faut relancer la sensibilisation dans les écoles, les églises, les ménages, les clubs et les médias. Étant donné que des infections sexuellement transmissibles sont régulièrement détectées chez les jeunes lors des consultations, il est raisonnable de penser que le risque de contamination par le VIH est également élevé », a-t-il souligné.

Il a également plaidé pour l’édiction d’une loi exigeant le dépistage avant tout engagement conjugal dans le cadre de la prévention.

Et de conclure : « le dépistage reste le moyen le plus sûr pour lutter contre le VIH et les IST. Cependant, il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de sensibilisation. Il faut aussi que la vigilance concernant les dangers de contamination soit développée à la base. »

Pour ce médecin, le constat est alarmant du fait que le dépistage du VIH/SIDA se fait souvent au moment même de la découverte de la contamination pour la plupart des personnes infectées. « Le refus de se faire dépister volontairement est catégorique chez notre jeunesse », a-t-il déploré. ACP/C.L. 

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