Kinshasa, 22 mars 2026 (ACP).– Un chercheur congolais a participé à une avancée scientifique majeure, avec une équipe internationale œuvrant en Allemagne, sur la production de la quinine sans recourir aux plantes de quinquina, grâce à l’identification des gènes responsables de ses alcaloïdes utilisés depuis plus de deux siècles comme traitement contre le paludisme, a fait savoir dimanche, au cours d’un entretien le chercheur congolais.
« Nos travaux ont permis de découvrir les mécanismes génétiques et chimiques par lesquels les plantes de quinquina produisent les alcaloïdes naturels comme la quinine. Nous avons également démontré que les enzymes identifiées peuvent être utilisées pour produire ces composés dans d’autres plantes, comme le tabac. Cette avancée offre plusieurs perspectives, dont une révolution possible : dans les années à venir, la production de la quinine pourra se faire sans recourir aux grandes plantations de quinquina, même dans des zones difficiles d’accès », a déclaré le Dr Blaise Kimbadi, chercheur-enseignant à l’Institut Max-Planck pour l’Écologie chimique en Allemagne et à la faculté des Sciences et Technologies de l’Université de Kinshasa.
Selon la source, ces travaux permettront de produire ces médicaments par voie biotechnologique. Nous anticipons que le prix de la quinine et des composés similaires pourront également être sensiblement réduits. De plus, nos travaux permettent la production d’un large répertoire de dérivés pouvant être testés pour développer des médicaments plus efficaces, avec moins ou pas d’effets secondaires, comme ceux de la quinine.
Il a fait savoir que, les résultats de cette recherche ouvrent de nouvelles perspectives sur l’utilisation des produits naturels ainsi que sur leur exploitation dans la vie quotidienne.
« Nous avons résolu un mystère de longue date, découvrir comment les plantes de quinquina synthétisent la quinine. La quinine, ainsi que les molécules structurellement apparentées que produit également le quinquina, ont été utilisées comme médicaments, additifs alimentaires et outils polyvalents dans la recherche chimique et l’industrie depuis des siècles. Nos découvertes ouvrent la voie à de nombreuses perspectives, notamment pour la production de ces précieux produits naturels et de leurs nouveaux analogues, qui peuvent présenter de meilleures propriétés médicinales », a indiqué le scientifique congolais.
Docteur en sciences naturelles à l’Université de Wuerzburg en 2019, en Allemagne, Blaise Kimbadi est reconnu mondialement pour ses recherches de haut niveau en chimie et en pharmacologie, particulièrement dans la découverte de composés naturels contre des maladies graves comme le cancer et le paludisme. Ses recherches antérieures avaient notamment conduit à la découverte de nouveaux produits naturels appelés « mbandakamines » (des molécules capables de combattre les microbes responsables du paludisme et de la maladie du sommeil), à partir de certaines lianes que l’on retrouve dans la forêt aux environs de la ville de Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur, située dans l’ouest de la RDC.
Grâce à des techniques de pointe, ces scientifiques ont mis en évidence un intermédiaire inédit et ont réussi à produire des molécules de quinquina dans une plante modèle, Nicotiana benthamiana. Cette découverte ouvre la voie à une production durable et à la création de nouveaux dérivés aux applications médicales et chimiques prometteuses. ACP/C.L.

