Kinshasa, 25 septembre 2026 (ACP).- L’assainissement du secteur pharmaceutique est une responsabilité collective, a soutenu vendredi à Kinshasa, en République démocratique du Congo(RDC), le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens (CNOP), lors d’une cérémonie à l’occasion de la Journée mondiale des pharmaciens, célébrée le 25 septembre de chaque année.
« L’assainissement du secteur pharmaceutique est une responsabilité collective. Chaque acteur doit jouer son rôle pour lutter contre les pratiques qui fragilisent ce domaine essentiel de la santé publique », a déclaré le Dr Mono Kayiba, président du CNOP/RDC.
« Donner aux pharmaciens les moyens de bâtir un avenir plus sain, c’est reconnaître pleinement leur place dans le système de santé et leur permettre d’exercer dans le respect de la loi, de la déontologie, des bonnes pratiques et de leurs expériences professionnelles », a-t-il ajouté.
Pour lui, la qualité des médicaments doit être une urgence, car les chiffres actuels sont alarmants.
« Rien qu’à Kinshasa, nous faisons face à une situation préoccupante. Plus de 6 000 points de vente de médicaments fonctionnent sans autorisation, contre seulement 103 pharmacies autorisées. Parallèlement, nous comptons environ 173 pharmaciens évoluant au niveau des établissements de vente en gros, contre seulement 103 pharmaciens au niveau des officines autorisées », a-t-il déploré.
Par ailleurs, le Dr Hervé Kweyi, président du Conseil provincial de l’ordre des pharmaciens de Kinshasa (CPOP), a indiqué que cette journée constitue un moment privilégié pour célébrer la profession, mais surtout pour réfléchir sur la place des pharmaciens dans l’amélioration de la santé de la population.
« Le thème qui nous rassemble, « Donner aux pharmaciens les moyens d’agir pour un avenir sain », nous invite à dépasser la simple célébration de notre profession. Il nous pousse à nous poser une question essentielle : de quels moyens les pharmaciens ont-ils besoin pour exercer pleinement leurs responsabilités ? », s’est-il interrogé.
Selon lui, les pharmaciens interviennent activement dans l’approvisionnement, la distribution, la conservation, la dispensation et le bon usage des médicaments pour le bien-être de la population.
De son côté, M. Jonathan Kasongo, président de l’Association nationale des étudiants en pharmacie (ANEP), a fait savoir que la jeunesse pharmaceutique congolaise doit réfléchir, proposer et agir dès aujourd’hui pour garantir un avenir favorable à cette profession.
« Le thème qui nous réunit cette année est à la fois ambitieux et profondément actuel… Car un médicament qui n’est pas disponible au moment où le patient en a besoin, c’est une chance de guérison compromise. Un médicament inaccessible, c’est une barrière supplémentaire pour une famille déjà vulnérable. Un médicament dont la qualité, la sécurité ou l’origine ne sont pas suffisamment garanties, c’est un risque pour le patient et pour toute la communauté », a-t-il souligné.
Pour le président de l’Anep, ces assises constituent un espace de dialogue où le monde académique, les professionnels, les institutions publiques, les partenaires du secteur, les étudiants et les jeunes pharmaciens peuvent se retrouver autour d’une même table pour réfléchir sur l’avenir du secteur pharmaceutique congolais.
Cette Journée mondiale des pharmaciens a été placée sous le thème : « Donner aux pharmaciens les moyens d’agir pour un avenir sain ». Elle a clôturé la Semaine nationale pharmaceutique qui s’est déroulée du 21 au 25 septembre. ACP/Mun

