Inongo, 27 juillet 2026 (ACP).- Les autorités provinciales du Maï-Ndombe, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo, ont été appelées lundi, par un chercheur en géosciences à mettre rapidement en œuvre un plan d’urgence et des mesures d’adaptation communautaire face aux risques d’inondations liés à l’épisode d’El Niño attendu dès septembre prochain.
« Le phénomène El Niño ne crée pas la vulnérabilité du Maï-Ndombe, il la révèle. Il faut agir dès aujourd’hui pour sauver des vies et adapter durablement nos communautés à ce nouveau contexte climatique », a déclaré Yves Bolokole.
Selon M. Bolokole, la vulnérabilité de la province s’explique notamment par son réseau hydrographique dominé par le lac Maï-Ndombe, le fleuve Congo ainsi que les rivières Fimi, Lukenie, Lokoro et autres, la présence de vastes tourbières saturées, la fragilité des infrastructures routières essentiellement en terre battue et la forte dépendance des populations à la pêche et à l’agriculture riveraine.
Le chercheur en géosciences des hydrocarbures et de l’environnement a recommandé aux autorités provinciales l’adoption d’un « Plan 90 jours », articulé autour de la cartographie des zones à risque, du renforcement des systèmes d’alerte, du pré-positionnement des kits d’urgence, de la protection des infrastructures essentielles, de la sécurisation de l’approvisionnement en eau potable et du lancement d’une campagne préventive contre le choléra avant les premières pluies.
À plus long terme, il a préconisé une adaptation des modes de vie des communautés riveraines, notamment par la construction d’habitations sur pilotis, le développement de pratiques agricoles adaptées aux inondations, l’amélioration de l’assainissement, la protection des berges ainsi que la diversification des activités économiques afin de renforcer la résilience des ménages.
Cet appel fait suite à l’alerte lancée à l’échelle nationale par le Prof. Jean-Robert Bwangoy, ingénieur géospatial, invitant la République démocratique du Congo à anticiper les effets du phénomène El Niño, provoqué par le réchauffement anormal des eaux de surface de l’océan Pacifique.
Selon lui, le pays doit se préparer à un épisode d’El Niño d’une intensité exceptionnelle dès septembre prochain, susceptible d’entraîner des pluies abondantes sur une grande partie du bassin du Congo jusqu’en juin 2027. Face à ces prévisions, les experts appellent au renforcement des mesures d’anticipation afin de réduire les risques d’inondations, de déplacements de populations et de crises sanitaires dans les zones les plus exposées. ACP/K/B

