Décès de Miguel Masaïsaï : un testament laissé à la jeunesse de la RDC

Kinshasa, 19 septembre 2026 (ACP).- Le décès du coureur cycliste international de la République démocratique du Congo (RDC), vendredi, à Ouesso, au Congo-Brazzaville, en plein dans son projet « Pedals for peace », dans la lutte pour la paix au pays, a valeur d’un testament légué à toute la jeunesse nationale.

Dans sa ronde du continent, Miguel Masaïsaï s’est engagé seul pour la cause nationale des Congolais, meurtris par des années et des années de violence.

Son arme de prédilection pour y arriver, c’est son vélo, ses deux pieds pour pédaler et son courage à braver le danger à des endroits non habités  où il est passé de Goma à Kinshasa, via les provinces, avant de mettre cap, pour la deuxième partie de son long périple, au Congo Brazzaville, au rendez-vous de la mort tragique, au contact d’un gros véhicule qui l’a percuté de plein fouet, dans son rêve non achevé. 

Masaïsaï comme Martin Luther King

Le vélo de Miguel Masaïsaï, à  travers son projet  « Pedals for peace », est considéré comme une démarche de la lutte pour la paix, en toute « non violence », à la manière du pasteur noir américain, Martin Luther King, dans sa lutte pour la cause des Noirs aux Etats-Unis d’Amérique.

Si ce dernier a été assassiné, par balle, pour son combat, Masaïsai, lui a été fauché par un mastodonte, à mi-parcours de « Pedals for peace ».

Après Martin Luther, ses compatriotes ont poursuivi le combat. Et l’avènement de Barack Obama, élu comme premier Chef de l’Etat noir au Pentagone, a été la suite logique du combat du défunt pasteur noir américain.

En effet, son discours électoraliste, Obama l’a emprunté à Martin Luther King quand il a dit : « I have a dream » ou « J’ai eu un rêve ». L’élection de Barack Obama est la concrétisation du rêve de Martin Luther King.

De la même manière, « Pedals for peace » est devenu ainsi le combat non arrivé qu’a laissé Miguel Masaïsaï et qu’il a légué comme dans un testament, à la jeunesse de la RDC. 

En effet,  à ses dires, le 5 août dernier à Kinshasa, son projet Pedals for peace », estimé long de près de 14.000 kilomètres, de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC, à Rabat au Maroc, point de chute de son long parcours.

A son arrivée à Kinshasa, le 5 août dernier où un accueil chaleureux lui a été réservé au stade des Martyrs, après 65 jours, Miguel Masaïsaï avait clamé haut et fort que son initiative ‘‘Pedals for Peace’’, était  destiné à promouvoir la paix et l’unité nationale.

En même temps, avait-il indiqué en son temps, cette aventure sportive et citoyenne dépasse désormais le cadre d’une initiative individuelle pour devenir un symbole d’espérance partagé par toute la population congolaise.

A ses dires,  les motivations de son périple sont une  réponse à sa volonté de sensibiliser les Congolais à la nécessité de consolider la paix et la cohésion nationale.

Un testament caché  dans un simple message à la jeunesse de la RDC

Pour lui, avait-il martelé, chaque kilomètre parcouru est un  rappel à l’opinion nationale que la paix pour laquelle il a lutté sur son vélo de pèlerinage  ne se construit pas seulement dans les discours.

 Elle se construit lorsque des jeunes de différentes provinces avancent côte à côte et  choisissent l’unité plutôt que la division, dans un seul peuple et dans un seul pays, pour un avenir commun.

« Pedals for peace » appelé à survivre à Masaïsaï

Le périple africain de Masaisai a été un soft power pour la RDC, lui-même devenant du coup un défenseur, un ambassadeur de  la paix. 

Pourvu que l’Etat congolais immortalise  Miguel Masaïsaï et que la date du 18 septembre soit assimilée aux autres dates restées historiques en RDC, pour son envergure nationale.

Ainsi, on pourra « Miguel est mort, sans être mort », à la manière de tous les héros nationaux en RDC. ACP/Par Paul Kazozo

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