Assemblée provinciale de Kinshasa : adoption de l’édit portant protection des sites agricoles

Kinshasa, 29 avril 2026 (ACP).- L’édit portant protection des sites agricoles dans la ville de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), a été adoptée, mercredi, par les députés provinciaux lors d’une plénière tenue à l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK).

« La majorité de députés, soit 30 ayant pris part au vote, s’est prononcée par un oui en faveur de ce texte. Par conséquent, la proposition d’édit portant protection des sites agricoles dans la ville de Kinshasa, est adoptée par la plénière. Elle sera transmise au gouverneur de la ville, Daniel Bumba pour promulgation », a déclaré Lévi Mbuta dans son exposé de motif.

« Nous pouvons nous féliciter du travail accompli et nous applaudir pour cet effort collectif. Félicitations également au député provincial Mulenda, initiateur de cette proposition d’édit », a-t-il indiqué.

Par ailleurs,André Nkongolo Nkongolo, rapporteur de l’APK, a indiqué que « la ville de Kinshasa avec une superficie de 9.965 km2 comprend 24 communes où l’on trouve des sites agricoles bien identifiés dont plusieurs d’entre eux représente des vastes étendues  réservés exclusivement aux activités agricoles dont l’objectif  principal est de permettre à la population rurale d’alimenter la ville en produit agricole mais également de se prendre en charge en exerçant l’agriculture comme source de revenu ».

Ces sites, a-t-il dit, sont censés être exploités en tenant compte des impératifs liés au changement climatique et au principe du développement durable pour le bien-être de kinois, mais ils sont malheureusement confrontés à plusieurs problèmes qui nécessitent la protection. 

« Parmi ces problèmes, il y a lieu de relever notamment, la spoliation, l’occupation anarchique, le changement de destination et les conflits récurent entre communautés paysannes qui se disputent la gestion des sites agricoles », a indiqué le rapporteur de l’APK, avant d’ajouter que le présent édit est motivé par le souci du législateur et d’assurer que la gestion des sites agricoles est confiée sous l’autorité du ministère provincial en charge de développement rural, la gestion des sites agricoles dans la capitale congolaise est assurée par l’inspection urbaine sous l’autorité du ministère provincial en charge de développement rural, la mise en place d’un conseil consultatif provincial et local respectivement par le gouvernement provincial et le collège exécutif communal; une étude d’impact environnemental et social préalable à toute exploitation ou toute construction d’ouvrage dans les sites agricoles.

Selon M. Nkongolo, le présent édit trouve son fondement dans l’article 203 point 18 de la Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006 telle que révisée à ce jour et de la loi n°008/012 du 31 juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des provinces telle que modifiée et complétée à ce jour spécialement en article 36 point 13.

Un contrat envisagé pour prévenir la transformation des sites agricoles en habitations

Guyguy Mulenda, député provincial élu de Masina

Par ailleurs, un contrat visant à prévenir la transformation des sites agricoles en zones d’habitations a été envisagé lors de cette plénière des députés provinciaux de Kinshasa,  consacrée à l’examen d’une proposition d’édit portant protection des sites agricoles.

« Ainsi, toute personne souhaitant exploiter un site agricole à Kinshasa devra disposer d’un contrat dûment encadré et contrôlé par le ministère du Développement rural, ainsi que par le Secrétariat général compétent. Ce mécanisme permettra de garantir que ces espaces ne soient plus transformés en zones d’habitation », a affirmé Guyguy Mulenda, député provincial élu de Masina et initiateur dudit texte.

Il a indiqué que cette proposition d’édit revêt un caractère général et concerne l’ensemble des sites de l’État à Kinshasa, notamment ceux de N’djili, Masina, Kinkole (N’sele) et Maluku… Où il a été constaté que plusieurs sites agricoles sont aujourd’hui menacés comme celui de Lemba Imbu qui est en voie de disparition à cause de l’occupation illégale et du morcellement des terres. De même, à Mont-Ngafula à Ma vallée où des constructions anarchiques ont progressivement envahi des espaces initialement réservés à l’agriculture.

Selon M. Mulenda, si aucune mesure n’est prise, cette situation risque de compromettre l’autosuffisance alimentaire de la ville de Kinshasa car des observations montrent que la majorité des sites agricoles  ont été spoliés. On y retrouve des constructions d’habitations, des conflits liés aux chefs coutumiers et des cas d’appropriation illégale des terres.

« Cette loi vise à protéger les terres agricoles afin d’éviter une pénurie de produits essentiels liés à la culture et à l’alimentation. Les zones destinées à l’agriculture doivent impérativement être sécurisées et préservées. Tel est l’objectif principal de la proposition d’édit, qui a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée provinciale de Kinshasa », a-t-il conclu.

ACP/UKB

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