Kinshasa, 30 août 2026 (ACP).- Une méthodologie scientifique avec des ateliers centrés sur des thématiques autour de la paix et la sécurité a été proposée aux autorités congolaises par un chercheur, dimanche auprès de l’ACP, en prélude au dialogue national annoncé par le Président de la République démocratique du Congo (RDC).
« Les consultations provinciales doivent suivre une méthodologie scientifique. Il s’agit de passer du meeting au focus group scientifique. Chaque forum provincial devra être organisé en quatre ateliers suivant différentes thématiques : paix et sécurité (causes de l’insécurité), cohésion et vivre-ensemble (conflits fonciers, coutumiers), gouvernance et État (insuffisances administratives), puis développement et capital humain », a déclaré Bernard Leta, chercheur et secrétaire général de l’Association des cadres scientifiques de l’Université de Kinshasa.
Selon lui, chaque atelier doit produire une matrice problème-cause-solution, scientifiquement exploitable, mais aussi assurer une traçabilité. Tout devra être enregistré, transcrit et archivé.
« Sans ça, la synthèse nationale sera une manipulation. Aucune synthèse provinciale sans procès-verbal signé, plus un enregistrement audio et une liste de présence. La représentativité réelle ne doit pas être décorative, comme celle qui consiste à prendre les notables de la capitale pour les envoyer en provinces », a-t-il dit.
M. Leta a considéré également que le quota de participants à ces assises provinciales doit être de 60% des locaux, soit des résidents effectifs de la province, et non des Kinois originaires de la province, en estimant que le tirage au sort citoyen devrait intégrer un quota de 20% des citoyens ordinaires (taximen, maraîchères, étudiants) tirés au sort, comme dans les conférences citoyennes, avec une neutralité du facilitateur.
« Le facilitateur ne doit pas être un politique de la province, mais plutôt un triumvirat : une confession religieuse, un universitaire et un chef coutumier. Et qu’il soit extérieur à la province pour éviter le clientélisme », a-t-il soutenu.
« En tant que scientifiques, les consultations devront être conduites selon les principes de la recherche-action participative : traçabilité des données, représentativité vérifiable, neutralité des facilitateurs et consolidation scientifique des diagnostics, afin que les Assises de Kinshasa soient l’aboutissement d’une parole réelle et non le point de départ d’un consensus fabriqué », a souhaité ce chercheur.
M. Leta a ainsi interpellé la jeunesse scientifique à venir au dialogue non pas pour chercher des postes, mais plutôt munie de données, de diagnostics et de solutions, tout en rejetant les discours de haine ainsi que les manipulations, vu que l’Université demeure le dernier rempart de la rationalité en cette période de préparatifs des consultations provinciales.
« La science ne s’oppose pas à la Nation, elle la sert. Et la refondation de l’État dont parle le Président de la République commencera par la refondation de sa pensée. Et cette pensée, c’est nous », a-t-il conclu.
ACP/ J. Eb.

