» La vente des uniformes dans des écoles considérée comme un manque à gagner  » (Une commerçante au Grand marché de Kinshasa)

Kinshasa, 30 août 2026 (ACP).- La pratique de vente des uniformes et autres articles scolaires dans des écoles de la ville de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), a été considérée comme un manque à gagner, dimanche auprès de l’ACP, par une commerçante abordée au Grand marché à l’approche de la rentrée des classes prévue mardi.

« Les uniformes sont vendus tantôt dans des écoles, tantôt aux marchés. L’école n’a pas pour vocation de vendre les uniformes ou autres effets scolaires, déjà nous payons les frais chers pour nos enfants. Les tenues blanches pour les chemises avec insignes, les chaussettes, voire les sacs sont vendus dans les écoles. Celles-ci s’adonnent au commerce qui est réservé aux commerçants. Nous déplorons cette situation et sommes limités car nous ne ne savons pas bien vendre pour nourrir nos familles », a dit Justine Eloko, commerçante des articles scolaires au Grand marché de Kinshasa.

« Nous constatons la construction du grand marché +Zando+, c’est pour notre bien (…). Nous sommes sortis de ce lieu pendant un bon moment, soit plus d’une année. Merci au Chef de l’État, mais nous avons constaté également que la vente durant cette rentrée scolaire est trop difficile. Nous vendons dans les difficultés, je viens depuis 5 heures jusqu’à 18 heures. Nous n’avons pas le choix, on le fait pour nourrir nos familles », a-t-elle dit.

De son côté, AdeKu Ndeka, une autre commerçante des effets scolaires au grand marché +Zando+, s’est plaint non seulement des difficultés rencontrées dans la vente des articles scolaires mais également de la pratique maligne effectuée dans certaines écoles pour vendre des tenues scolaires.

« La vente des articles scolaires est très difficile cette année. On nous pourchasse, il y a la tracasserie. J’ai plus de 50 ans, c’est ce que je constate dans le marché. Les parents n’ont pas d’argents. Nous ne vendons presque pas car l’argent ne circule pas alors qu’à cette heure, les articles devraient être épuisés mais il n’y a rien. Nos articles scolaires sont stockés dans les dépôts puisqu’il n’y a pas la vente », a-t-elle déploré.

« L’école à une mission pédagogique et d’instruction mais pas celle de commerce. Vous voyez aujourd’hui, des établissements scolaires qui vendent  chemises, tenues de gymnastique, sacs  etc. Cette pratique est maligne et elle doit être interdite. Si les écoles vendent les uniformes et autres, que ferons les commerçants ? Nous sollicitons la réglementation de la part des autorités provinciales pour mettre fin à cette pratique », a insisté la commerçante.

Le manque d’influence des parents inquiète les vendeurs

Par ailleurs, le manque d’influence des parents inquiète également les vendeurs d’uniformes, de cahiers, pour qui la rentrée constitue habituellement une période de forte activité commerciale.

« À l’approche du 1er septembre, nous constatons qu’il n y a pas d’influence au marché de l’UPN. Il y a une baisse de d’engouement par rapport aux années précédentes, faisant de cette rentrée scolaire un moment d’incertitude pour nous les petits commerçants », a dit de son coté, Mathieu Bulamba, un vendeur d’articles scolaires.

« Au marché UPN, il y a une rentrée sans grand engouement. Si les écoles se préparent, l’ambiance est différente dans certains commerces spécialisés dans les articles scolaires. Différemment aux années antérieures, durant cette rentrée scolaire, l’engouement au niveau du marché ne se sent vraiment pas. Plusieurs raisons expliquent cette situation, notamment les démolitions ayant touché certaines infrastructures du marché provoquant la perte de nombreux étalages, la situation sociale. Les parents ne viennent vraiment pas et ça nous perturbe », a-t-il déplore.

Pour Dada Tshituka, caissière dans une maison commerciale au marché municipal de Matete, certes, il n y a pas d’engouement dans le lieu de négoce, cependant certains parents viennent acheter les fournitures scolaires. « Des temps à temps, nous voyons que certains parents viennent se procurer des fournitures scolaires. Nous ne savons pas dire si cette réalité est générale. Du moins, nous voyons que la situation sur terrain semble être différente des années passés », a-t-elle constaté.

La rentrée scolaire édition 2026-2027 est prévue mardi 1er septembre sur toute l’étendue de la RDC selon l’annonce faite par la ministre d’Etat en charge de l’Education nationale et Nouvelle citoyenneté.

ACP/HPP/PN

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