Éducation : la création d’un cadre de dialogue avec les parents sollicitée à Kinshasa

Kinshasa, 25 août 2026 (ACP).- La création d’un cadre de dialogue direct avec les parents a été sollicitée, mardi, par le président de l’Association nationale des parents d’élèves et d’étudiants de la République démocratique du Congo (Anapeco), lors du deuxième jour du 15ème conseil national ordinaire de cette structure organisé dans la capitale congolaise.

« C’est ici l’occasion pour nous de vous demander une fois de plus de nous ouvrir votre porte et de créer un cadre de dialogue direct avec les parents, premiers partenaires du pouvoir organisateur de l’éducation. C’est de cette manière que vous remettrez les parents à la place qu’ils devraient continuer à occuper, la place centrale au sein du système éducatif dont ils sont les premiers bailleurs de fonds. Puissiez-vous ouvrir votre cœur pour cela », a déclaré David-Steve Diatezwa, président national de l’Anapeco devant le vice-ministre national de l’Éducation.

Selon lui, le combat contre les antivaleurs constitue un objectif majeur pour l’association, estimant « qu’on ne peut pas former et éduquer nos enfants si le soubassement moral est pourri. Un système éducatif marqué par les antivaleurs ne peut produire une formation de qualité et va à l’encontre de la vision d’une éducation de qualité devant contribuer à bâtir un Congo fort », a-t-il soutenu.

M. Diatezwa a fait savoir que l’Anapeco a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le ministère de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté dans l’accomplissement de ses missions, tout en appelant les autorités à accorder davantage d’attention aux parents. « Quand on parle +le peuple, le peuple, le peuple d’abord+, dans le secteur de l’éducation, c’est nous, les parents, et nos enfants qui sommes le peuple », a-t-il martelé.

Le président national de l’Anapeco a rappelé la contribution financière importante des parents au fonctionnement du système éducatif, notamment à travers le paiement des frais scolaires, du minerval, des frais liés aux bulletins et à certaines évaluations certificatives nationales, ainsi que le soutien apporté aux enseignants.

Il a également dénoncé la persistance des frais illégaux et de certaines pratiques interdites dans les établissements scolaires, citant notamment les frais de confirmation, le suivi des examens certificatifs, le contrôle des dossiers ainsi que la vente d’uniformes et de fournitures scolaires à l’école. M. Diatezwa  a indiqué que plusieurs de ces pratiques avaient été dénoncées et documentées dans certaines communes de Kinshasa, notamment à Selembao, Kimbanseke et Lemba.

Selon lui, l’association a appelé les services de l’administration et de l’inspection scolaire à assumer pleinement leurs responsabilités dans le contrôle et le pilotage du système éducatif. « Le cabinet a ses responsabilités, mais les services attitrés de l’administration et de l’inspection doivent faire leur travail », a-t-il dit, avant de déplorer les pratiques de compromission qui favorisent la persistance des antivaleurs.

Pour l’Anapeco, la lutte contre les antivaleurs doit mobiliser l’ensemble des acteurs et des ministères concernés par la formation et l’encadrement des jeunes. « Les antivaleurs, c’est comme une pieuvre à plusieurs têtes qu’il faut frapper par tous et au même moment, sinon la pieuvre ressurgit avec beaucoup plus de vigueur », a conclu M. Diatezwa.

ACP/B/M/K

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