Enseignement : l’amélioration de l’encadrement doctoral et des conditions de recherche recommandée en RDC

Kinshasa, 16 octobre 2026 (ACP).- L’amélioration de l’encadrement doctoral et des conditions de recherche a été recommandée, vendredi, lors de la deuxième journée d’un atelier de réflexion sur le renforcement des capacités de l’enseignement supérieur, organisé à l’Université de Kinshasa (Unikin), en République démocratique du Congo (RDC).

«Nous avons insisté sur la nécessité d’améliorer les conditions de travail et d’encadrement des chercheurs. Nous avons notamment recommandé la mise en place d’un mécanisme permettant aux doctorants d’évaluer leurs directeurs de travaux, afin de promouvoir un encadrement plus responsable, transparent et adapté aux exigences de la recherche scientifique», a déclaré Pascal Kapagama, coordonnateur de la Cellule de coopération et des relations internationales de l’Unikin.

Au cours de ces travaux axés sous le thème : «Relève académique et formation doctorale : regards croisés sur les textes de la réforme», il a soutenu que ces recommandations visent à renforcer la sécurité juridique, à améliorer les conditions de formation doctorale et à créer un environnement de recherche favorable à l’épanouissement des chercheurs.

«Pour répondre à ces préoccupations, nous avons recommandé le respect des textes régissant le troisième cycle du PADEM, ainsi que l’élaboration d’un calendrier réaliste pour l’extinction de ce système. Nous avons également préconisé la mise en place de cellules d’aide et de conseil psychologique pour accompagner les apprenants confrontés à des difficultés», a-t-il indiqué.

Le professeur Kapagama a également évoqué la nécessité de créer des commissions d’éthique chargées de sensibiliser les différentes parties prenantes et de sanctionner les acteurs impliqués dans les pratiques administratives et scientifiques excessivement lourdes.

Abordant le deuxième atelier, consacré à la sécurité juridique et à l’harmonisation des textes de la transition, il a fait état des contradictions relevées entre les différents textes juridiques, notamment le décret n° 22-B-39 du 8 décembre 2022 et l’arrêté n° 134, particulièrement en son article 4.

Face à ces difficultés, les participants ont recommandé la mise en place d’un comité d’experts chargé d’harmoniser les textes avant leur promulgation, la révision des dispositions problématiques ainsi que l’abrogation des circulaires et des communiqués contradictoires. Ils ont également insisté sur la complémentarité des textes, la conformité des arrêtés aux décrets et la protection des droits et des acquis des apprenants.

Modalités de transition entre les systèmes d’enseignement

Les échanges ont aussi porté sur les modalités de transition entre les anciens et les nouveaux systèmes de formation doctorale, notamment le passage du diplôme d’études approfondies (DEA) et du diplôme d’études spécialisées (DES) vers le master de recherche ou le doctorat. Les participants ont soulevé des interrogations concernant la reconnaissance des travaux réalisés par les apprenants non encore inscrits administrativement, la conversion des séminaires validés en crédits capitalisables et les conditions d’intégration des doctorants hors délai dans les nouvelles écoles doctorales de l’Unikin.

Le troisième atelier, consacré à la santé mentale, à la résilience et aux conditions sociales du chercheur, a permis d’aborder les conséquences psychologiques de l’instabilité des réformes sur les doctorants et les apprenants.

Les participants ont notamment relevé la précarité sociale et matérielle, le stress chronique, l’anxiété et l’épuisement professionnel liés aux exigences de la recherche scientifique et à la crainte de perdre les travaux déjà réalisés.

«Nous allons nous atteler rapidement à l’élaboration du document final que le recteur devra transmettre à Madame la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, afin de lui faire part des conclusions de ces travaux. Nous espérons disposer d’un premier projet d’ici lundi, qui sera envoyé à tous les professeurs intervenus lors des ateliers pour recueillir leurs contributions et compléter, si nécessaire, les recommandations et les préoccupations qui n’auraient pas été prises en compte. Après cette étape, le document sera transmis au recteur, qui le fera parvenir au ministère de tutelle», a-t-il déclaré. ACP /Nd/Ng

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