Kinshasa, 05 janvier 2026 (ACP).-L’Hôtel de ville de Kinshasa, en République démocratique du Congo, projette en 2026 la démolition des constructions illégales érigées le long des lits des rivières qui baignent la capitale congolaise.
À en croire l’hôtel de ville, cette démolition vise à restaurer les surfaces nécessaires à l’écoulement naturel des eaux, et d’élaguer les obstacles à l’écoulement des crues, pour prévenir d’éventuels épisodes d’inondation, comme celui connu en avril 2025, qui a submergé le pont sur la rivière N’djili.
En effet, en avril 2025 des pluies torrentielles ont provoqué une crue sans précédent de la rivière N’djili, causant 75 morts et des dégâts matériels considérables dans les communes de Matete, Limete, Kisenso, N’djili et Masina, respectivement dans le centre et l’est de Kinshasa.
Cette crue a mis en lumière l’impact de l’urbanisation et occupation anarchique des zones riveraines, sur les risques des inondations. Après cette calamité, la cellule de crise et le gouvernement provincial de Kinshasa ont évoqué des mesures de démolition des constructions illégales dans les zones dites non aedificandi (où l’on ne peut pas construire), en raison de risques d’inondation. D’où l’impérieuse nécessité de les exécuter en 2026, afin de prévenir le désastre du genre.
Cette catastrophe a fait que les trois regroupements communaux de Kinshasa (Lukunga, Funa et Mont Amba) coupés, trois jours durant, du quatrième, (Tshangu), où se trouve l’aéroport international de N’djili, impossible d’y arriver ou de quitter, pour les passagers résidant dans les trois districts précités, le pont jeté sur la rivière N’djili ayant été submergé par des eaux de crue.
Pour devancer ce phénomène qui a constitué les effets ayant pour causes, notamment la réduction sensible de la largeur du lit de la rivière N’djili qui est passée de 64 à 24 mètres. La raison est vraisemblablement des empiètements humains qui rendent étroits les espaces d’écoulement des eaux lors de fortes pluies. Aussi, la destruction de la végétation au niveau des berges, laquelle joue le rôle crucial d’absorption des eaux, en vue de ralentir le courant destructeur, a expliqué M. Pierre Ndongala, ingénieur-environnementaliste.
Par ailleurs, force est de noter que seule l’application de ladite décision de démolition ne suffit pas, eu égard au fait que la faisabilité et l’efficacité de ce type de projet impliquent plusieurs facteurs, à savoir : technique, social, économique et politique. Le facteur technique implique la cartographie qui détermine les zones à évacuer, pour éviter d’affecter inutilement les populations. L’aspect social explique que les zones à démolir sont souvent habitées par des populations à faible revenu qui n’ont pas d’alternative de relogement.
Au chapitre économique, la démolition et la construction d’infrastructures de protection nécessitent d’importants financements publics ou partenariats avec de bailleurs de fonds internationaux. Au plan politique, l’application des lois urbanistiques et la désignation des zones interdites à la construction relève d’une volonté politique soutenue, une bonne coordination des ministères et une communication transparente à la population.
ACP/C.L.

