Kinshasa, 22 avril 2026 (ACP).- L’implémentation de l’approche « Tarl (enseigner au bon niveau) » dans le programme éducatif congolais a été préconisée, mercredi, par une conseillère chargée des innovations pédagogiques du ministère de l’Éducation, lors d’un café de presse organisé à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC). « Ici, nous sommes réunis au sein de l’Unicef pour parler de l’approche +Tarl Teaching at the right level (enseigner au bon niveau) +, de son implémentation dans le programme éducatif congolais.
L’approche +tarl+ est un art d’enseigner pour justement inclure nos élèves qui ont selon les évaluations externes des difficultés, certains à savoir : lire et écrire, reconnaître des lettres, des nombres avec beaucoup de chiffres, même quand ils arrivent au niveau du primaire élevé comme la troisième, la quatrième ou la cinquième primaire », a déclaré Dora Muanda, conseillère chargée des innovations pédagogiques, des réformes et de l’évaluation au sein du ministère de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté. « L’idée est d’avoir une approche didactique, pas un programme parce qu’on utilise le programme national tel que adopté par le ministère de l’Éducation nationale », a-t-elle ajouté.
Mme Muanda a fait savoir que l’approche tarl, c’est un processus qui commence avec les élèves de primaire pour remédier aux difficultés de lecture et de calcul, il faudra former tous les enseignants de chaque niveau de primaire comme de secondaire. Selon elle, « tarl » n’est pas la seule solution, il faudra penser à une approche globale incluant les élèves du secondaire, comme des réformes qui sont déjà mises en place par le ministère national de l’Éducation comme les programmes qui ne sont plus décomposés en six années de primaire et de secondaire, mais plutôt à une éducation avec un continium pédagogique sur huit années.
La surcharge au niveau des classes relevée parmi les défis de l’approche Tarl

Par ailleurs, Francis Ndem, chef de la section Éducation Unicef a relevé la surcharge au niveau des classes, parmi les défis dans la mise en œuvre de l’approche tarl en RDC. « Il y a plusieurs défis dans la mise en œuvre de cette approche, entre autres, le niveau des enseignants relativement bas, le surcharge au niveau des classes (classes pléthoriques), la résistance au changement des pratiques d’enseignement, difficulté d’organisation des groupes d’apprentissage dans les classes surchargées », a-t-il dit. Pour lui, enseigner au bon niveau consiste à évaluer les compétences des élèves, regrouper les élèves non par âge, mais par compétence pour un enseignement ciblé, enseigner selon le niveau des élèves et à suivre les progrès de chaque élève à travers des évaluations régulières. Cette approche tarl est déjà expérimentée dans quatre provinces de la RDC dont Kinshasa, Kasaï, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Ce café de presse était organisé par l’Unicef dans l’idée d’implémenter cette approche dans le système éducatif congolais.
25000 élèves formés à l’approche « enseigner au bon niveau »

Mathieu Bateau, inspecteur principal provincial adjoint en charge de la formation de la province éducationnelle de Kinshasa-plateau (IPPAF)
« Pour l’instant, le projet étant dans ces débuts, surtout en phase expérimentale, nous avons deux sous-divisions primaire, qu’on appelle les pools, N’sele 1 et N’sele 2. Nous avons au total, pour cette année, nous ne prenons qu’en compte les élèves de 3ème, 4ème , 5ème et 6ème années primaires, 25 000 candidats touchés par l’approche jusqu’àprésent », a déclaré Mathieu Bateau, inspecteur principal provincial adjoint en charge de la formation de la province éducationnelle de Kinshasa-plateau (IPPAF).
M. Bateau a fait savoir que sur les 25.000 candidats, 20.483 ont été évalués à l’initial au premier trimestre dans 54 écoles de deux pools qui constituent la première cohorte formée, avant de souligner que l’approche Tarl s’opère à Kinshasa- plateau, pratiquement à Kinkole, Maluku, répartis dans des groupes, ce qu’on appelle les sous-divisions N’sele 1, 2, 3 et 4 et Maluku 1, 2, 3 et 4. Enseigner au bon niveau permet d’ identifier le niveau réel de chaque élève en lecture et calcul, fournir un enseignement adapté au niveau de l’élève, rattraper les retards des élèves sur les compétences fondamentales, favoriser un enseignement inclusif plus efficace, renforcer la motivation et l’engagement des élèves et assurer la participation active de chaque élève grâce à des activités simples et adaptées.
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