Kinshasa, 30 août 2026 (ACP).- La réalisation d’un inventaire environnemental, urbanistique et sécuritaire exhaustif des stations-service et dépôts de carburant de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), a été recommandée par un expert en environnement, samedi auprès de l’ACP, afin de connaître leur nombre.
« Cet inventaire devrait notamment déterminer, pour chaque installation : ses coordonnées géographiques exactes , sa commune, son quartier et son environnement immédiat, son exploitant et son enseigne, la distance par rapport aux habitations les plus proches, la distance par rapport aux écoles et établissements universitaires, la distance par rapport aux centres de santé et hôpitaux, la distance par rapport aux marchés et autres lieux à forte concentration humaine, la distance par rapport aux lieux de culte, la capacité et le type des cuves de stockage , l’existence d’une étude d’impact environnemental et social », a déclaré le professeur Malick Muamba.
« L’objectif ne devrait donc pas être de fermer indistinctement les stations-service, mais de déterminer objectivement lesquelles sont conformes, lesquelles nécessitent une mise en conformité et lesquelles présentent un niveau de risque nécessitant des mesures correctives ou une réévaluation de leur implantation », a-t-il ajouté.
M. Muamba a également recommandé que toute nouvelle demande d’implantation ou d’exploitation fasse l’objet d’un examen multisectoriel préalable, associant au minimum les services compétents des Hydrocarbures, de l’Environnement et de l’Agence congolaise de l’environnement (ACE), de l’Urbanisme et de l’autorité provinciale.
« L’autorisation ne devrait pas être appréciée uniquement sous l’angle économique ou commercial, mais à partir de la capacité du site à garantir la sécurité des personnes, la prévention des incendies et explosions et la protection des sols, des eaux et de l’air », a-t-il dit.
Selon lui, une ville moderne a besoin de stations-service pour assurer son approvisionnement énergétique. « Toutefois, leur implantation ne peut être déterminée par la seule disponibilité d’un terrain ou par des considérations commerciales. Elle doit tenir compte de la densité de la population, de la proximité des habitations et des établissements sensibles, des risques d’incendie et d’explosion, de la protection des sols et des eaux, ainsi que des capacités d’intervention en cas d’accident », a expliqué cetexpert en environnement.
M. Muamba a relevé que des observations de terrain et plusieurs travaux consacrés à Kinshasa font état de stations-service implantées à proximité des habitations, des commerces, des écoles, des lieux de culte et d’autres espaces accueillant du public. « La proximité géographique, à elle seule, ne suffit pas à établir une infraction. Elle constitue toutefois un indicateur qui doit conduire à vérifier la conformité de chaque installation au regard des textes applicables et des autorisations délivrées », a-t-il soutenu.
ACP/NGAY.

