Affaire général-major Gihanga : le prévenu donne l’origine des armes trouvées dans sa résidence

Kinshasa, 4 août 2025 (ACP).- Le général-major Smith Gihanga ancien commandant de la 22ème  région militaire, accusé de détention illégale d’armes, a donné lundi l’origine des armes trouvées dans sa résidence, lors de l’audience tenue à la Haute cour militaire à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

« Une partie de ces armes est venue des militaires de la 3ème  zone de défense commis à ma garde, dont certains ont été déployés et n’étaient plus commis à ma protection, et une autre partie c’est des militaires d’autres unités que j’ai eu à prélever en tant que commandant région militaire, aussitôt arrivé à Lubumbashi », a déclaré le général major Smith Gihanga Mutara dans ses moyens de défense.

« Lorsque je suis arrivé à Kinshasa à la Demiap (renseignement militaire) mon général, l’équipe de ce service de renseignement est partie de Kinshasa pour Lubumbashi, désarmée les militaires qui étaient commis à ma sécurité et la plupart de leurs armes ont été récupérées, dont je ne saurai connaître le nombre car étant déjà à Kinshasa », a-t-il ajouté. 

Dans sa déposition, le ministère public  est revenu sur la question de la Haute cour militaire sur l’origine de ces armes en faisant des révélations que « certaines armes sont celles saisies par le prévenu dans la ferme du général d’armée en cavale John Numbi lesquelles étaient destinées à être rapatriées à Kinshasa, mais que l’accusé avait préféré les garder chez lui. Il y avait aussi d’autres armes que le prévenu détenait chez lui dont l’une de marque galine et l’autre de type chinois gp récupérées toujours dans la ferme du général John Numbi ».

En réaction, le général-major  Gihanga a brandi devant la cour un document déjà versé au dossier pour expliciter à propos desdites armes.


« C’est la raison pour laquelle je vous ai fait parvenir ce document mon général. Si vous le lisez bien, vous comprendrez qu’il s’agit d’une liste annexée à la feuille de route, mais de la première zone de défense », a-t-il dit.

« Avant que je n’aille à la 3ème zone de défense, j’étais d’ abord ici à Kinshasa où j’exerçais comme commandant adjoint chargé des opérations de renseignement (OpsRens) de la première zone de défense. De Kinshasa, je suis affecté pour la 3ème zone de défense. C’est là qu’on m’a établi cette feuille de route signée par feu le général Peter Chirimwani, avec ces armes », a poursuivi le prévenu.

Revenant sur la perquisition faite dans la résidence du Général d’armée John Numbi, l’accusé s’est exprimé en ces termes : « lorsque nous perquisitionnons la ferme du général John Numbi, effectivement j’avais versé dans le dossier un bordereau de commande de livraison (BCL) ici, où j’ai réquisitionné certaines armes qui sont reprises dans ce document. Parce qu’à part ce BCL, il y a des procès-verbaux qui ont été dressés à l’issue de ces perquisitions, et de la ferme du général John Numbi et de sa résidence ».

« Certaines armes avaient été prélevées par la direction de renseignement qui avait effectué cette perquisition ramène les armes, celles-ci ont été versées au dépôt de la région militaire. Et de la région, j’ai eu à prélever quelques armes, parmi lesquelles celles venues de la ferme ou de la résidence du Général John Numbi, tout est là et bien expliqué mon général », a rencheri le général-major  Gihanga.

De son côté, le parquet général militaire  faisant référence de la déposition du colonel Banke comme renseignant, s’est opposé à cet argumentaire du prévenu.

« Lorsque nous avions auditionné le colonel Banke qui fut Adm de la 22ème région militaire monsieur le président, il avait déclaré devant nous comme renseignant que lorsque le prévenu Général Gihanga est arrivé à la tête de cette unité avec ses éléments, les armes qu’il détenait venant de la 3ème zone de défense, n’ont pas été insérées dans la logistique de la 22ème  région militaire », a dit le général-major magistrat Kasongo Ejiba, ministère public.

Il a ajouté que cet officier chargé de l’administration à la 22ème  région militaire, peut venir témoigner devant la Haute cour militaire, car sa déposition est contenue dans le procès-verbal.

La prévention de détention illégale d’une cinquantaine d’ armes et munitions de guerre reprochée au prévenu général major Smith Gihanga Mutara ancien commandant de la 22ème  région militaire , reprise dans la décision de renvoi, a été examinée par la haute cour militaire lundi à l’ issue de son audience publique tenue à son siège dans la commune de Gombe à Kinshasa capitale de la République Démocratique du Congo, qui a voulu savoir de l’accusé, l’origine de toutes ces armes retrouvées à sa résidence de Lubumbashi, lors de la perquisition par les éléments du service de l’ état-major renseignement  (ex Demiap).

La Haute cour militaire estimant, que cette prévention sur la détention illégale d’armes constitue la partie maîtresse de ce procès et qui nécessite un examen minutieux, a renvoyé la cause au 04 septembre 2025.

« Nous renvoyons donc cette affaire au mois c’est-à-dire le 04 septembre 2025j, le temps pour nous de bien examiner les différentes pièces versées par devant nous, et nous reviendrons pour en découdre », a dit le lieutenant-général magistrat Ilunga Dikita président de la composition.

ACP/C.L.

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