Affaire Général Yav: huis-clos ordonné pour auditionner un ancien Chef d’Etat-major général

Kinshasa, 17 mars 2026 (ACP).- La Haute cour militaire a, par son arrêt avant-dire droit prononcé lundi à Kinshasa, décrété le huis-clos pour auditionner le Général d’Armée en retraite, Mbala Musense Célestin, ancien Chef d’Etat-major général des FARDC, cité comme renseignant dans l’affaire du prévenu lieutenant-général Yav Irung Philémon, ancien commandant de la 3ème Zone de défense.

«Par ce motif, la Haute cour militaire, statuant avant dire droit contradictoirement, à la majorité des voix de ses membres, le ministère public entendu, disant droit, dit recevable et fondée, la requête du ministère public, ordonne le huis-clos et la poursuite de l’instruction», a déclaré le Lieutenant-général magistrat Joseph Mutombo Katalayi Tiende, premier président de la Haute cour militaire, et président de la composition.

Cette décision de la haute cour fait suite à la demande du parquet général, relevant du caractère secret des informations relatives à la sécurité et à la défense.

«Qu’il plaise à votre auguste Haute cour d’ordonner que l’audience de ce jour se tienne à huis clos, monsieur le président, conformément à l’article 230 du code judiciaire militaire», a dit le Lieutenant-général magistrat Lucien-René Likulia Bakumi, du Parquet général dans son réquisitoire. 

La haute juridiction militaire a jugé recevable et fondée la requête du ministère public sollicitant l’audition à huis clos, des renseignants Général d’Armée en retraite Mbala Musense Célestin, Lieutenant-Général Ndima Kongba Constant, Général-Major Ekenge Bomusa Efomi Sylvain et Général de Brigade Mwehu Lumbu Evariste.

Pour elle, le débat autour du rôle joué par le prévenu Général Yav et même par le Général d’Armée Mbala, ancien Chef d’Etat-major général, au moment des opérations en cours menées par les FARDC contre les terroristes de la coalition RDF/M23/AFC, ne saurait se dérouler en présence du public et des médias au risque de dévoiler certaines informations relatives à la Défense nationale revêtue du sceau de secret militaire et ce, dans le but de maintenir l’ordre, le moral et la discipline des troupes engagées dans ces opérations et le respect dû à l’autorité supérieure.

La juridiction de jugement a pris cette décision conformément à l’article 230 alinéa deuxième du Code Judiciaire Militaire qui dispose que « lorsque la publicité est préjudiciable à l’ordre public militaire ou aux bonnes mœurs, la Juridiction Militaire ordonne le huis clos par  décision rendue en audience publique ».

Dans le cas sous examen, il faut retenir que le procès concerne les opérations militaires sur terrain dans la province du Nord-Kivu. 

Le prévenu Général Yav est poursuivi pour trahison et incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline, infraction justifiée par un message qu’il avait caché, émanant de l’émissaire du général rwandais James Kabarebe, concernant feu le général-major Peter Chirimwani.

«Ce dernier était la cible des Rwandais à éliminer, car il bloquait leur projet, selon le massage», a soutenu l’organe accusateur.

ACP/ODM 

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