Kinshasa 1er septembre 2026(ACP).- La décision de la chambre du conseil du parquet fédéral de Bruxelles de renvoyer devant le tribunal correctionnel les 14 inculpés dans l’affaire Semlex a été salué par les parties civiles à Kinshasa, en République démocratique du Congo, selon un communiqué consulté mardi par l’ACP.
« Les parties civiles saluent la décision de la Chambre du Conseil de Bruxelles, intervenue ce matin, de renvoyer devant le tribunal correctionnel les 14 inculpés dans l’affaire Semlex. Ils devront répondre de faits présumés de corruption d’agents publics étrangers, de blanchiment et de fraude fiscale dans le cadre du contrat des passeports biométriques congolais« , a-t-on lu.
Selon ce communiqué les inculpés auraient mis en place un système de corruption de grande ampleur d’ une affaire de 60 millions de dollars autour du contrat des passeports biométriques, ajoutant que ces documents relevés dans la presse, a indiqué que pour chaque passeport vendu à 185 dollars, une partie de 60 dollars aurait été reversée à une société basée à Dubaï considérée comme liée à une proche de l’ancien président de RDC, Joseph Kabila (LRPS Ltd)
Le communiqué renseigne également que, l’entreprise Semlex qui a produit les passeports biométriques de la République de la RDC entre 2015 et 2025, devient ainsi la première entreprise belge renvoyée devant un tribunal correctionnel pour des faits présumés de corruption internationale avec la perspective d’un examen de l’affaire sur le fond.
Près de 60 millions de dollars de malversations présumées
Pour les parties civiles, cette affaire est avant tout celle des citoyens congolais.
« Nous avons payé 185 dollars pour nos passeports, avant d’apprendre par la presse qu’une partie de cet argent aurait servi à soudoyer des membres de l’élite politique. Nous avons le droit de savoir où est allé notre argent. Ce procès va
enfin permettre d’y voir clair », a renseigné la même source.
M. Fred Bauma, citoyen congolais de la partie civile, cité dans le communiqué a quant à lui espèré que cette affaire mettra également en lumière des responsabilités au niveau congolais qui pourrait conduire à une action en justice complémentaire en RDC, afin que tous les responsables dans cette affaire répondent de leurs actes devant les juridictions compétentes.
De son côté Jean-Claude Katende, vice-président de la FIDH et président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho), cité dans le communiqué, pense que cette décision constitue également une avancée importante pour la justice belge.
Rappelons qu’en mai 2020, 51 citoyens congolais s’étaient constitués parties civiles devant la justice belge avec le soutien de la coalition « Le Congo n’est pas à vendre », avant d’ être rejoints dans cette démarche par la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), la Ligue des droits humains (LDH), UNIS, Transparency International et Transparency International Belgique, qui se sont toutes constituées parties civiles dans cette affaire emblématique.
A cet effet, les parties civiles ont salués le travail des enquêteur triches qui, pendant près de neuf ans, ont retracé les flux bancaires, analysé des centaines de courriels et de messages électroniques, auditionné de nombreux témoins et suspects, et mené des commissions rogatoires en RDC et aux Émirats arabes unis où plusieurs sociétés impliquées étaient enregistrées.
Il s’agit de l’une des enquêtes belges les plus approfondies jamais conduites sur des faits présumés de corruption internationale.
Les parties civiles espèrent que justice sera rendue dans cette affaire qui dure depuis 9 ans et qui concerne des malversations présumées de 60 millions de dollars, a aussi relevé la source.
Les organisations signataires rappellent que les personnes renvoyées devant le tribunal bénéficient de la présomption d’innocence. Elles espèrent que ce procès permettra d’établir
les responsabilités et d’adresser un signal clair : les entreprises belges doivent répondre de leurs actes, y compris lorsque les faits présumés de corruption sont commis à l’étranger. ACP/Kunt./Munk.

