Kinshasa, 24 septembre 2026 (ACP).-La Commission nationale des Droits humains (CNDH) de la République démocratique du Congo (RDC) s’est expliquée, mercredi, devant l’Assemblée nationale sur sa rétrogradation du « Statut A » au « Statut B » au sein de l’Alliance globale mondiale des institutions nationales des droits humains (GAHINRI), a appris l’ACP, jeudi, de cette institution.
« Il convient, d’emblée, de préciser un élément essentiel: la CNDH-RDC conserve actuellement son ‘’ Statut A ‘’ au sein de la GANHRI. La recommandation de rétrogradation au ‘’ Statut B ‘’ formulée par le Sous-comité d’accréditation (SCA) n’a pas encore produit ses effets », a déclaré Paul Nsapu, président de cette institution d’appui à la démocratie.
Le président de la CNDH-RDC, qui a été accompagné à cette occasion par ses collègues commissaires nationaux, a répondu à la question orale avec débat sur cette problématique de la rétrogradation du Statut A au Statut B de son institution initiée par l’honorable Boris Mbuku, président de la commission des droits humains de la Chambre basse du Parlement congolais.
Selon l’auteur de la question orale avec débat, le Statut A atteste de la pleine conformité d’une institution nationale des droits de l’homme (INDH), comme la CNDH, aux Principes de Paris, tandis que le Statut B traduit une conformité seulement partielle. Ainsi, le passage d’un statut à l’autre est donc susceptible d’affecter la principale crédibilité internationale de cette INDH. Ce qui a justifié ce moment d’exercice démocratique passé à l’Assemblée nationale.
Ainsi, le président a apporté les précisions sur les préoccupations soulevées par l’Assemblée nationale, selon les insuffisances relevées par le SCA. Il s’agissait de l’indépendance effective de la CNDH; de son financement et la disponibilité de ses ressources; de sa capacité opérationnelle; de l’accès aux lieux de privation de liberté; de la transparence et le caractère pluraliste du processus de sélection des commissaires; la gouvernance interne; la capacité de la CNDH à prendre publiquement position sur les violations graves des droits humains; ainsi que la documentation de ses interventions et leur impact réel.
Répondant aux questions soulevées par les députés nationaux sur la préoccupation de rétrogradation de son institution du Statut A au Statut B, le président Nsapu a présenté un état des lieux sans complaisance, mais résolument axé sur les perspectives d’avenir, tout en rappelant les efforts constants fournis par son équipe pour veiller au respect des libertés fondamentales à travers le territoire national, malgré un environnement budgétaire souvent précaire, pour son institution.
Plaidoyer pour l’autonomie financière et structurelle

Par ailleurs, l’équipe dirigeante de la CNDH a profité de cette tribune pour mener un plaidoyer vigoureux en faveur du renforcement des capacités de l’institution. Bien que la loi organique confère à la CNDH une autonomie administrative et financière, il a mis en exergue le besoin crucial d’un alignement budgétaire effectif et régulier pour couvrir l’ensemble des provinces de la RDC, particulièrement les zones en proie aux conflits armés à l’Est du pays.
« Le maintien du Statut A est une fierté pour la République, mais il exige des moyens proportionnels aux ambitions de notre démocratie », a-t-il fait savoir.
En outre, à l’issue des échanges et des interventions des députés, un consensus s’est dégagé sur la nécessité d’une synergie accrue entre la CNDH-RDC et la commission permanente des droits de l’homme de la Chambre basse, a-t-il relevé, ajoutant que l’Assemblée nationale s’est engagée à accompagner cette institution d’appui à la démocratie dans ses démarches budgétaires et législatives afin de consolider sa crédibilité sur la scène internationale.
ACP/ Ka

