Kinshasa, 5 septembre 2025 (ACP).- Le procureur général près la Cour de cassation de la République démocratique du Congo a ordonné vendredi le retour au compte initial de 19.900,000 USD, argent détourné par l’ex-ministre de la Justice, Constant Mutamba, condamné à la peine de trois ans de travaux forcés, a-t-on appris de source judiciaire.
« Requérons à M. le directeur général de la Rawbank à
Kinshasa-Gombe aux fins d’ exécuter la décision judiciaire de condamnation du prévenu Constant Mutamba, spécialement en ce qui concerne l’extourne de la somme de 19.900,000 USD dans le compte n° 05101-01024845401-28/USD intitulé ministère de la Justice V/C FRIVAO ouvert en vos livres, y procéder toutes affaires cessantes », a-t-on lu dans ce document signé par Firmin Mvonde, procureur général près la Cour de cassation.
Cet argent détourné par l’ex-ministre Mutamba provenait de l’indemnisation payée par l’Ouganda à la RDC pour la réparation des victimes de la guerre des six jours opposant les armées ougandaise et rwandaise sur le sol congolais du 5 au 10 juin 2000.
Cet argent était logé dans le compte du ministère de la Justice, qui par la suite va être affecter pour la construction d’une prison à Kisangani, chef-lieu de la Tshopo, dans l’Est du pays.
L’ex-ministre Mutamba avait ordonné le transfert de cet argent dans le compte bancaire d’une société de construction qui, selon le procureur général, serait de façade et présager un détournement.
L’ancien ministre de la Justice avait été auditionné à deux réprises au parquet général près la Cour de cassation.
Les conclusions de l’enquête du procureur général avaient abouti à une affirmation d’un détournement des deniers publics, qui l’avaient poussé à requérir en date du lundi 9 juin 2025 une autorisation de mise en accusation du ministre Mutamba à l’Assemblée nationale.
Dans sa lettre du mercredi 11 juin 2025 informant à l’ex-ministre de la Justice de la clôture de sa mise en examen, le procureur général l’avait invité à garder « sa sérénité pour la suite de la procédure », tout en le rassurant « qu’en bon légaliste, il ne s’en est tenu qu’au prescrit légal, et ce, en dehors de toute autre considération».
ACP/C.L.

