Kinshasa, 23 juin 2026 (ACP).-Un appel au renforcement du dispositif juridique de la République démocratique du Congo (RDC) a été lancé mardi, par le ministre des Droits humains pour l’élimination des violences sexuelles liées aux conflits, lors d’un forum consultatif organisé à Kinshasa dans le cadre de la Journée internationale en la matière. «Face à l’ampleur et à la complexité de la crise, notre pays, avec l’appui des Nations unies, a pris une série de mesures et adopté des politiques et programmes pour lutter notamment contre l’impunité des auteurs et assurer une prise en charge holistique en faveur des victimes. Cependant, tant que les conflits armés perdureront, la problématique des violences sexuelles liées aux conflits se posera avec acuité. Voilà pourquoi il faudra renforcer notre dispositif juridique, nos politiques et nos programmes, avec un engagement accru », a déclaré Samuel Mbemba, ministre des Droits humains.
« L’activité de ce jour a pour objectif de contribuer à la prévention et à la réponse aux violences sexuelles liées aux conflits en général, à l’esclavage sexuel ainsi qu’à la protection des survivantes et des enfants nés de viol, à travers la sensibilisation, le plaidoyer et la mobilisation des acteurs étatiques, communautaires et de la société civile, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle liée aux conflits », a-t-il poursuivi.
Il a indiqué que l’élimination des violences sexuelles liées aux conflits est le mot d’ordre du Président de la République, à qui il a rendu hommage pour avoir pris la mesure de la situation, avant de rappeler que la promulgation, le 26 décembre 2022, de la loi fixant les principes fondamentaux relatifs à la protection et à la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité.
« D’où la création du Fonds national pour les réparations aux victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité (Fonarev), qui a pour missions essentielles d’identifier les victimes, de les aider à avoir accès à la justice et d’allouer des réparations », a ajouté le ministre.
Il a, par ailleurs, fait savoir que le Chef de l’État a institué une Task Force chargée d’assurer la coordination et le suivi de la mise en œuvre de l’Addendum au communiqué conjoint. À cette fin, il a invité chaque participant à s’approprier la lutte afin de faire de la RDC un havre de paix, sans violences à l’égard des femmes et des enfants. « Le 19 juin de chaque année, les Nations unies célèbrent la Journée internationale pour l’élimination des violences sexuelles liées aux conflits. C’est dans ce cadre que nous nous réunissons aujourd’hui», a rappelé le ministre Mbemba.
Il a précisé que les violences sexuelles liées aux conflits continuent d’être commises en RDC. Depuis fin 2024, la République démocratique du Congo, en particulier ses provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, connaît une détérioration sans précédent de la situation sécuritaire et humanitaire. Elle est marquée par l’intensification des affrontements entre les forces armées nationales, appuyées par des groupes alliés, et des groupes armés non étatiques, notamment le M23.
« L’occupation de villes stratégiques telles que Goma et Bukavu au début de l’année 2025 a entraîné un basculement du contrôle territorial et aggravé une crise humanitaire déjà chronique. Ce contexte a conduit à environ 9 000 morts et plus de 700 000 personnes déplacées début 2025, ainsi qu’à une augmentation de 23 % des violations des droits de l’homme documentées », a dit le ministre des Droits humains. Selon lui, dans ce contexte, les violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire se multiplient : recours accru aux violences sexuelles comme arme de guerre, recrutements forcés, pillages de sites de déplacés, atteintes aux infrastructures civiles, menaces et attaques contre les défenseurs des droits humains. Des milliers d’enfants issus de viol sont également discriminés, marginalisés et rejetés par la communauté, au point de compromettre sérieusement leur avenir.
« Je ne saurais terminer mon propos sans rendre hommage à la Distinguée Première Dame, championne mondiale de la lutte contre les violences sexuelles en période de conflit, pour son engagement et sa détermination à redonner le sourire aux victimes. Je remercie enfin le Bureau conjoint des Nations unies, ainsi que l’ensemble de nos partenaires, pour leur accompagnement permanent dans la lutte et pour la tenue de l’activité de ce jour », a conclu le ministre. ACP/B/N

