Des autochtones d’un village environnant du parc Kahuzi-Biega
Kinshasa, 6 octobre 2025 (ACP).- Les expulsions des autochtones au parc Kahuzi-Biega, en septembre dernier, par la coalition M23-RDF, au Sud-Kivu, (dans l’Est de la République démocratique du Congo), ont été qualifiées de violation du droit international, par une responsable d’une institution citoyenne congolaise sur sa page Facebook, consultée lundi par l’ACP.
« Les expulsions imposées aux peuples autochtones au parc de Kahuzi-Biega, (Sud-Kivu), depuis septembre 2025 par les M23-RDF et les violences sexuelles qui s’en sont suivies, violent le droit international et nécessitent non seulement l’aide humanitaire d’urgence, mais aussi une enquête », a déclaré Me Gisèle Kapinga, commissaire nationale chargée des droits de la femme et de l’enfant de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC).
Selon des rapports de certaines organisations internationales et nationales des droits humains, il a été relevé qu’à Kabare, toujours dans le Sud-Kivu, les communautés autochtones, notamment les pygmées et les populations locales sont confrontées à des menaces de plus en plus pressantes. Parmi celles-ci, les violations des droits de l’homme, l’accaparement des terres, l’exploitation des ressources naturelles et leur exclusion des processus décisionnels politiques et juridiques, compromettant leur existence et leur rôle crucial dans la conservation de la biodiversité, en particulier autour du Parc national de Kahuzi-Biega.
Selon ces rapports, ces violations des droits de l’homme sont notamment des abus physiques, psychologiques et culturels. C’est dans ce cadre que dans ces rapports, il a été soutenu que ces communautés se heurtent souvent à des violences en raison de leur lutte pour la reconnaissance de leurs droits.
« Les conflits pour la terre s’intensifient, alimentés par des intérêts économiques étrangers qui cherchent à exploiter les ressources naturelles sans tenir compte des droits des populations locales. L’accaparement des terres des villages autour du parc Kahuzi-Biega conduit à la perte de territoires ancestraux, ce qui fragilise encore plus les modes de vie traditionnels basés sur la chasse, la pêche et l’agriculture de subsistance, que ça soit pour les communautés locales tout comme pour les peuples autochtones obligés à trouver refuge dans les villages riverains », peut-on lire dans un des rapports.
En 2022 par exemple, une enquête menée par Minority Rights Group, une organisation non gouvernementale, a révélé les atrocités des trois ans de violence organisée, ainsi que la complicité de certains acteurs internationaux. La même année, la RDC avait reconnu les droits de certains peuples autochtones par une nouvelle loi visant à leur donner un accès plus facile à la justice et à leurs terres, mais qui ne s’applique cependant pas aux zones de conservation relevant du domaine public ou privé.
Par ailleurs, l’AFC/M23, cette coalition armée soutenue par le Rwanda, ne cesse d’être accusée de plusieurs violations des droits humains. Le dernier rapport de l’ONU a fait état de plusieurs personnes tuées par cette coalition dans les zones sous son occupation.
ACP/JF

