Kinshasa, 19 février 2026 (ACP).- La rétractation d’un jugement rendu par la juridiction de céans a été sollicitée jeudi, en tierce opposition par le gérant d’une société condamnée dont le compte a été saisi, à l’audience du tribunal du travail de Matete, au centre de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
« Nous sollicitons du tribunal la rétractation du jugement rendu par la juridiction de céans qui a permis à l’huissier de justice de saisir le compte de mon client Daniel Kiala, gérant d’une société congolaise de transport multinationale en lieu et place de la société condamnée », a plaidé son avocat
Cet avocat a indiqué que le tribunal du travail avait rendu un jugement en faveur de Félix Makonda dans un procès qui l’opposait à la Société congolaise de transport multinationale.
Lors de l’exécution de ce jugement, a-t-il dit, l’huissier de justice, au lieu de saisir le compte de la société, est allé saisir le compte de M. Kiala, gérant de la société qui n’était pas partie au procès.
Ce dernier a saisi le tribunal en tierce opposition contre un jugement qui, d’après lui, était en sa défaveur parce que lors de l’exécution de ce jugement par un huissier de justice, son compte bancaire était saisi, a conclu cet avocat.
Réagissant à ces propos, la partie défenderesse Makonda, a fait savoir au tribunal que les dires de M. Kiala doivent être rejetés dans ce sens qu’il y a défaut d’intérêt dans son chef.
« Le jugement qui a été rendu ne visait nullement sa personne et que ce dernier ne pouvait se présenter devant le tribunal. Il a donc demandé au tribunal de déclarer cette action irrecevable dans ce sens que la personne qui est venue devant le tribunal n’a aucun intérêt à venir devant le tribunal », a martelé M. Makonda. « Vous allez déclarer cette action irrecevable pour défaut d’intérêt », a-t-il conclu.Pour sa part, le magistrat du parquet a sollicité du tribunal de dire cette action recevable sur la forme mais non fondée sur le fond sur base de l’article 80 du Code de procédure civile qui donne les conditions pour une personne de venir en tierce opposition.
La personne venue en tierce opposition doit démontrer la faute qui a été commise par l’autre, le dommage qu’il a subi ainsi que le lien de causalité, a-t-il dit.
Et d’ajouter : « Il faut préciser que lorsqu’une exécution d’un jugement est mal faite, ce n’est pas au jugement que la partie devait s’attaquer mais à la personne de l’huissier.
La personne qui devait normalement subir un procès devait être la personne de l’huissier et non s’attaquer à un jugement qui a été bien prononcé ».
« Le tribunal étant suffisamment éclairé, clôt le débat pour rendre son jugement dans le délai de la loi », a déclaré Doudou Malangwa, juge président de la composition. ACP/C.L.

