Affaire Rebo : 14 mois de servitude pénale requis à l’encontre de la chanteuse

Kinshasa, 7 août 2026 (ACP).- Quatorze (14) mois de servitude pénale, assortis du paiement des frais d’instance, ont été requis par le parquet militaire contre la chanteuse congolaise Deborah Tshimpaka, alias Rebo Tchulo, jeudi, lors de son réquisitoire devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema, dans le nord de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

« Pour la prévenue Tshimpaka Mulanga Deborah, alias Rebo Tchulo, la condamner à 14 mois de servitude pénale principale ; la condamner, en outre, au paiement des frais d’instance tels qu’ils seront taxés par le greffier ; fixer la contrainte par corps à six mois en cas de non-paiement dans le délai de huit jours, ou à toute autre peine que votre tribunal entendra, en bonne justice, être convenable », a déclaré le major magistrat Prudence Mbambi, substitut de l’auditeur militaire supérieur.

« Par rapport aux intérêts civils, en ce qui concerne l’action introduite par M. Platini Kasaï, requérant, qu’il plaise à votre tribunal de la dire recevable et fondée et d’y faire droit », a-t-il ajouté.

Le parquet militaire a également requis quarante mois de servitude pénale à l’encontre du sous-lieutenant Zababu Musafiri, de la Task Force, chef de la patrouille qui s’était rendue à la résidence de Rebo Tchulo dans la nuit du 17 au 18 avril 2026, lors de la commission des faits.

Lors de cette audience, la partie civile, Platini Sadisa Kasaï, par l’entremise de ses avocats, a sollicité du tribunal qu’il établisse, en fait comme en droit, l’infraction d’incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), avant d’exiger le paiement de 250.000 USD à titre de dommages et intérêts pour les préjudices dont elle s’estime victime.

« M. le président, sans pour autant aller plus loin, puisque toutes les conditions sont réunies, par ces motifs, nous demandons au tribunal de dire, de juger et d’établir, en fait comme en droit, ainsi que de condamner d’abord la prévenue Rebo, à titre personnel, pour la faute qu’elle a commise en incitant les militaires, au paiement, à titre de dommages et intérêts, d’une somme de 250.000 USD, payable en monnaie ayant cours légal », ont déclaré les avocats de la partie civile.

Par ailleurs, la défense de la chanteuse a rejeté en bloc la prévention d’incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi ou à la discipline, soutenant qu’aucune preuve de cette infraction n’a été présentée.

« Qu’il plaise à votre tribunal de dire, en tout état de cause, non établie en fait comme en droit, la prévention d’incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline, faute d’éléments constitutifs. En conséquence, acquitter Mme Tshimpaka Mulanga Deborah, alias Rebo Tchulo, et la renvoyer libre de toutes poursuites judiciaires », a soutenu la défense de Rebo, avant d’ajouter que cette infraction n’est pas susceptible d’être commise par une personne qui n’est ni militaire, ni personne embarquée, encore moins un employé du ministère de la Défense.

De son côté, le tribunal a renvoyé l’affaire au lundi 10 août pour la poursuite des plaidoiries et des conclusions.

« Voilà pourquoi le tribunal suspend cette affaire et la renvoie au lundi. Le lundi, ce sera le 10 août à 10 heures. L’audience est suspendue », a déclaré le capitaine Guy Kwesh, président de la composition.

L’artiste congolaise est poursuivie pour incitation présumée des militaires à poser des actes contraires à la loi et à la discipline des Forces armées de la RDC (FARDC).

Treize militaires, dont quatre en fuite, y sont également poursuivis et doivent répondre notamment de faits présumés de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires à l’encontre du nommé Sadisa Kasaï.

ACP/AGH/LM

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