Kinshasa, 12 juin 2025 (ACP).– La connaissance des régimes matrimoniaux par le couple fiancé est utile pour éviter des incompréhensions avant la conclusion du mariage devant l’officier de l’état-civil, a affirmé jeudi, un avocat, lors d’une interview accordée à l’ACP à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
« C’est pourquoi, il est important d’expliquer licitement les différents régimes, bien avant que les mariés se présentent devant l’officier de l’état civil, pour éviter certaines incompréhensions liées à la méconnaissance des régimes matrimoniaux », a déclaré Jean Katambwe, avocat au barreau du Kwilu.
Et de poursuivre : « Il arrive que certains mariés se retrouvent devant l’officier de l’état civil, mais ils ne savent pas pour quel régime opter, cela suscite souvent des incompréhensions. Il y a eu récemment un cas au bureau secondaire de l’ état-civil au quartier 6 dans la commune de Ndjili où, en pleine cérémonie de mariage civil , le mari avait opté pour le régime de séparation des biens, ce qui n’avait pas plu à la femme, qui s’était retirée de la salle et la cérémonie du mariage était interrompue » .
Me .Jean Katambwe a dit que les régimes matrimoniaux ont des avantages et des inconvénients, d’où il serait important, de mieux expliquer ceci, en vue de donner aux mariés l’opportunité de faire des choix judicieux.
Il expliqué que le régime de la communauté des biens est caractérisé par l’existence d’une masse des biens communs appartenant à l’homme et à la femme, disant que ceux-ci sont tous copropriétaires des biens qu’ils ont acquis avant le mariage ou pendant le mariage. Il a rappelé que les avantages de ce régime, dont le premier est une preuve d’amour. Cela sous-entend qu’ils s’aiment réellement, ils sont réellement un, comme le dit la Bible que l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme ; ils formeront tous une seule chaire.
Il a ajouté que ce régime est un moyen rapide d’enrichissement, car, il se peut que l’un des conjoints soit financièrement stable, cela fera qu’ils mettent ensemble les idées pour en avoir plus. L’inconvénient de ce régime, a-t-il soutenu, réside au fait que si l’un des conjoints est commerçant, les biens de la communauté sont mis en risque, parce que l’activité commerciale est plus basée sur le crédit, les dettes et en cas d’insolvabilité, la loi autorise la saisine des biens propres, mais aussi de la communauté au cas où les conjoints auraient conclu le régime de communauté des biens.
Pour Me Katambwe, le deuxième désavantage de ce régime, dont on ne parle pas, est la fainéantise, car, si l’un des conjoints est fainéant, il ne fera que bénéficier des biens de l’autre sans apporter un plus, du fait qu’il est attiré par des biens pour conclure un contrat de mariage.
Le deuxième régime matrimonial a expliqué Me Katambwe, est celui de la communauté des biens réduits aux acquêts qui, selon lui, est avantageux du fait qu’il est caractérisé par l’existence de deux types des biens, dont certains appartiennent à la communauté et d’autres qui sont des biens propres à l’homme et à la femme, soutenant que ce régime est aussi avantageux pour le fait qu’il préserve les biens qui sont caractérisés comme étant des souvenirs. Puisque dans ce régime, il y a des biens acquis avant le mariage qui restent des biens propres et la plupart de biens acquis avant le mariage sont des souvenirs familiaux, ajoutant que ce régime permet à ce que cela soit conservé.
D’après lui, ce régime présente aussi un danger quand l’un des conjoints est commerçant, ces biens sont exposés. Par contre , le régime de séparation des biens présente comme premier avantage, l’épargne des biens de la communauté, d’autant plus que le conjoint non commerçant n’est pas concerné des dettes de son conjoint commerçant. C’est un régime de sécurité qui pousse les époux à travailler conséquemment pour obtenir leurs propres biens, tout en combattant la fainéantise. Son inconvénient, a-t-il dit, est qu’il crée un sentiment de méfiance, de déséquilibre sentimental et réduit l’amour et l’affection.
ACP/JF

