Lâcheté devant l’ennemi: 20 ans de prison requis contre quatre officiers des FARDC

Kinshasa, 24 septembre 2026 (ACP).- Une peine de 20 ans de prison a été requise mercredi, lors d’une audience de la Haute cour militaire, contre quatre prévenus, dont un général de brigade, ancien commandant de l’axe Walikale-Centre, au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), pour des faits de lâcheté devant l’ennemi et désarmement de militaires.

«Qu’il plaise à la Haute Cour militaire de dire établies en fait comme en droit les infractions de lâcheté et de désarmement mises à charge de ces quatre prévenus, et de les condamner chacun à 20 ans de prison. S’agissant du prévenu général de brigade Jean Marie Kasikila, de prononcer sa destitution des rangs des FARDC», a requis le général de brigade magistrat Jacques Kiamandja, magistrat du parquet militaire.

L’organe de loi a soutenu que les quatre prévenus, notamment le général de brigade Jean-Marie Kasikila, les deux lieutenants colonels Jules Ligbongo et Albert Wasolela, ainsi que le major Douglas Dunia, avaient, au courant du mois de mars 2025, quitté la cité de Luvungi, pour s’établir clandestinement à Mpofi, cité située à plus ou moins 51 km de Walikale-Centre, suite à l’annonce de l’avancée des rebelles de la coalition AFC-M23.

«Le général Kasikila, monsieur le président, avait commis cette infraction de lâcheté, alors qu’il devait, avec les hommes sous son commandement, organiser une offensive pour repousser toute attaque de l’ennemi», a dit le général Jacques Kiamandja.

Il a, par ailleurs, ajouté qu’«au courant du même mois de mars 2025, au village Wenga, territoire de Walikale, province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo, le prévenu général Kasikila, sans motif valable, était arrivé à désarmer les militaires qui fuyaient des affrontements survenus à Goma, en les dépossédant de leurs armes individuelles, au lieu de les réarmer moralement en vue de défendre la Nation en péril».

De son côté, la défense des 4 prévenus a plaidé l’innocence de ses clients.

«Monsieur le Président, la défense de tous les prévenus, plaide non coupables ses clients», a lancé Me Parfait Kanyanga, dans sa plaidoirie.

Et d’ajouter: «Vous allez dire que cette action est non fondée», a-t-il soutenu.

Il a poursuivi son argumentaire en ces termes: «Pour les faits de la présente cause, monsieur le président votre honneur, les clients ou les prévenus étaient engagés au front dans l’axe Walikale, tel que les avait placés le commandant Région. Ils étaient face à l’ennemi, ils ont repoussé l’ennemi, ils ont chassé l’ennemi, ils ont combattu jusqu’au moment où le commandant Région va décider de leur relèvement de leur axe, pour répondre à l’invitation ou à la convocation par le commandant Région au niveau de la région».

«Mes clients ne se sont jamais désengagés des opérations. Ils étaient dans leur axe, en train de se battre avec les maigres moyens, pour défendre notre chère Patrie», a martelé ce praticien du droit.

Prenant la parole en dernier, les prévenus ont fait la plaidoirie de leurs avocats et sollicité chacun de la haute juridiction militaire leur acquittement.

«La Haute Cour déclare le débat clos, prend l’affaire en délibéré, et va se prononcer par un jugement définitif, qui interviendra dans le délai fixé par la loi», a déclaré le général de brigade magistrat, Jean-Claude Nzau Keba, président de la composition.

ACP/ODM

Fil d'actualités

Publicité

Sur le même sujet