Kinshasa, 18 octobre 2025 (ACP).- Les images d’une femme déshabillée, suspectée de participer au braquage dans une banque à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), relayées sur les réseaux sociaux, ont constitué une violation des droits fondamentaux garantis par la Constitution, selon une déclaration de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) consultée, vendredi, par l’ACP.
« La CNDH a suivi avec une profonde indignation la vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, montrant une femme suspectée de participation au braquage (…) être brutalement arrêtée, déshabillée et malmenée. Ces images choquantes constituent une violation grave des droits fondamentaux garantis par la Constitution de la RDC », a-t-on lu dans cette déclaration signée par Paul Nsapu, président de la CNDH-RDC.
Cette institution d’appui à la démocratie s’est appuyée sur les articles 16 et 17 de la Constitution qui stipulent que le droit à la dignité humaine; le droit de ne pas être soumis à des traitements cruels, inhumains ou dégradants et la présomption d’innocence sont un principe sacré qui exige que toute personne soupçonnée d’une infraction soit traitée avec respect jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par une juridiction compétente.
La CNDH a tenu, cependant, à exprimer sa compassion et sa solidarité envers la banque, victime d’un acte criminel grave, ainsi qu’envers les otages et le personnel ayant subi une épreuve épouvantable et traumatisante, lors de ce braquage.
C’est ainsi qu’elle a appelé les autorités à assurer une prise en charge psychologique appropriée des victimes directes et à garantir une enquête judiciaire rigoureuse pour que les auteurs de cet acte soient traduits en justice, dans le strict respect de la loi et des droits humains.
« La CNDH rappelle que la lutte contre la criminalité, aussi légitime soit-elle, ne peut en aucun cas justifier des atteintes à la dignité et à l’intégrité physique des personnes. Les forces de sécurité, dans l’exercice de leurs fonctions, ont l’obligation de respecter les droits humains et les procédures légales en vigueur », a-t-on encore lu dans cette déclaration.
Une condamnation ferme de la CNDH
La CNDH a condamné fermement, à cet effet, les actes de brutalité, d’humiliation publique et de traitement dégradant infligés à cette femme lors de son arrestation.
Elle exprime sa solidarité à l’égard de la banque victime d’un braquage et de toutes les personnes affectées ; la CNDH a encouragé l’accompagnement psychologique et judiciaire de ces personnes. Elle a exhorté les autorités compétentes, notamment le ministère de l’Intérieur, la Police Nationale congolaise (PNC), les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Garde Républicaine, à diligenter une enquête indépendante et impartiale afin d’établir les responsabilités et de sanctionner les auteurs de ces actes.
La CNDH a également invité les services de sécurité à renforcer la formation de leurs agents sur les droits humains, la déontologie policière et le respect des procédures judiciaires ; elle a appelé les médias et les citoyens à faire preuve de responsabilité dans la diffusion des images portant atteinte à la dignité humaine. Elle a, enfin, encouragé les victimes et témoins de ce type d’abus à saisir la CNDH pour documentation et suivi des cas.
Pour conclure, la CNDH a réaffirmé son engagement à promouvoir et à protéger les droits humains sur toute l’étendue du territoire national, conformément à son mandat constitutionnel et à la loi organique n° 13/011 du 21 mars 2013, et a dit restée disponible pour accompagner les autorités publiques dans la mise en œuvre des réformes et des formations nécessaires afin que de tels actes ne se reproduisent plus.
ACP/UKB

