Kinshasa, 16 décembre 2025 (ACP).- La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) de la République démocratique du Congo (RDC) a participé, mardi, par visioconférence au congrès sur « l’impact de l’intelligence artificielle et les droits de l’homme » ouvert à Rabat, au Maroc, à l’initiation d’une association francophone, a appris l’ACP d’un communiqué.
« Dans sa participation par visioconférence, Paul Nsapu, président de la CNDH-RDC, a salué la tenue du congrès consacré à un sujet d’une importance capitale: « l’intelligence artificielle et les droits de l’homme », a-t-on lu dans ce communiqué de la cellule de communication de cette institution citoyenne congolaise.
Pour lui, l’intelligence artificielle n’est pas un horizon lointain, elle est, aujourd’hui, une réalité qui façonne les administrations, les économies, les systèmes de santé, les processus électoraux et les modes.
Elle offre aussi des opportunités immenses, tout en soulevant des risques majeurs, a-t-il dit, avant de revenir sur les opportunités de l’intelligence artificielle pour les droits humains qui peut-être un puissant levier de progrès en Afrique.
Selon toujours le président de la CNDH-RDC, l’intelligence artificielle permet d’améliorer la transparence administrative, renforcer la gouvernance démocratique, faciliter l’accès à l’éducation et optimiser les systèmes de santé.
« Elle peut aider à détecter des discours de haine, cartographier les zones à risques, suivre des tendances de violence, et même anticiper des crises humanitaires », a-t-il indiqué, avertissant que ces avancées ne doivent jamais faire oublier le principe fondamental selon lequel la technologie doit rester au service de l’humain et non l’inverse.
D’après cette même source, Paul Nsapu a également martelé sur les risques réels de l’intelligence artificielle pour les droits de l’homme, ajoutant que l’usage croissant de l’intelligence artificielle peut aussi porter atteinte aux droits fondamentaux, si elle n’est pas encadrée.
Il est, à cet effet, revenu sur certaines préoccupations majeures de l’intelligence artificielle dont notamment, les atteintes à la vie privée par la collecte et l’analyse massive de données personnelles, les discriminations algorithmiques pouvant renforcer des stéréotypes ou marginaliser certaines communautés, la manipulation de l’information, « fake-news » et la désinformation qui menacent la liberté d’expression et l’intégrité démocratique.
Rôle fondamental des institutions nationales des droits de l’homme (INDH)
Par ailleurs, le président de la CNDH-RDC n’a pas manqué de relevé le rôle central, dans le contexte actuel, des institutions nationales des droits de l’homme (INDH) qui doivent conseiller les gouvernements dans l’élaboration de cadres juridiques sur l’intelligence artificielle, veiller au respect des droits fondamentaux dans tous les systèmes utilisant l’intelligence artificielle publics comme privés.
Pour lui, les INDH peuvent aussi sensibiliser les citoyens à leurs droits numériques et à la protection de leurs données, documenter et dénoncer les violations des droits humains liées aux technologies, promouvoir une Intelligence Artificielle éthique, transparente, inclusive et responsable.
Pour ce faire, Paul Nsapu a donné l’exemple de la RDC, où son institution accompagne déjà les réformes liées au numérique, notamment dans le contexte du Code du numérique adopté en 2023.
« Nous plaidons pour une réglementation robuste de la protection des données, pour une éthique de l’intelligence artificielle et pour une inclusion numérique véritable », a-t-il renchéri.
Face à l’intelligence artificielle, il a appelé l’Afrique à la coopération pour œuvrer ensemble afin de renforcer la gouvernance africaine, mutualiser les expertises et partager les bonnes pratiques ainsi que de garantir que l’innovation respecte toujours la dignité humaine.
ACP/C.L.

