Kinshasa, 17 décembre 2025 (ACP).- La libération d’un général en détention préventive a été sollicitée mercredi devant la Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo pour dépassement du délai requis, lors du procès qui l’oppose au parquet général militaire pour violation de consignes et provocation à la désertion.
« Nous sollicitons la main levée de la détention de notre client qui est retenu par l’auditeur au-delà du délai normal requis pour une détention préventive », a déclaré l’avocat du général André Ngoy, maître Serge Bokele.
Selon son conseil d’avocats, le général est en détention depuis le 28 mai 2024 soit 401 jours ce qui n’est pas conforme à la procédure militaire qui devrait être de 48h.
«Mon client est en détention depuis une année et 7 mois alors que la garde à vue est de 48 h. Il n’a été présenté à l’auditorat que le 5 juillet 2025 qui lui a posé 16 questions », a dit maître Bokele.
En réplique, le ministère public a débouté le moyen de la défense au motif que les services de renseignements militaire (Demiap) ne sont pas à confondre avec l’auditorat. Pour lui, le délai a été respecté.
« Il faudrait éviter de faire l’amalgame entre les services de renseignements et l’auditorat. Le ministère public n’a commis aucune irrégularité. Il a accompli son travail dans les normes .Nous lui avons même prodigué des conseils », a dit le général Laurent Mutata, ministère public.
Les avocats du général ont par ailleurs demandé au ministère public de rendre les téléphones de leur client qui ont été saisis par la Demiap.
Après débats, la Haute cour militaire a renvoyé l’affaire au mercredi 24 décembre 2025 pour rendre un jugement avant dire droit.
La première audience du général Ngoy remonte au 03 décembre 2025. La décision de renvoi a renseigné qu’au courant du mois de novembre 2022 le prévenu général Ngoy André avait emporté le capitaine malale Numbi wa Mukaya et le capitaine Twite Kumwimba de l’état-major de la garde républicaine à Kinshasa pour les intégrer à son unité basée à Uvira dans la province du Sud-Kivu.
Selon le ministère public cet acte viole le Télégramme du chef de l’état-major qui exige son autorisation préalable pour tout déplacement des militaires des FARDC. ACP/C.L.

