Kinshasa, 27 mars 2026 (ACP).- Les avocats de la République démocratique du Congo ont été appelé par le bâtonnier national de leur ordre, à se former en droit et en numérique pour être compétitifs, lors de la 20ème conférence des Bâtonniers tenue à Mbandaka à l’Équateur, nord-ouest du pays, selon un communiqué parvenu vendredi à l’ACP.
«Au fil du temps et tout au long des âges, les avocats congolais comptaient dans l’espace Ohada et au-delà de l’Afrique, parmi ceux qui défendent le Droit et les intérêts de la profession. Pour cela, nous devons nous former en droit et en numérique qui réinvente l’avocat pour que nous soyons compétitifs», a déclaré Michel Shebele, bâtonnier national, cité dans le communiqué.
Il a formulé le vœu de voir tousles avocats congolais, dans le ressort de chaque barreau, de génération en génération, respecter l’éthique de la profession pour davantage mériter de la confiance de la nation. Car, a-t-il souligné, «l’avocat est cet ingénieur du Droit dans la société qui doit demeurer digne dans l’exercice de sa profession, et consciencieux dans la protection des droits d’autrui».
Abordant le thème : « l’Avocat, le bâtonnier et son autorité», Me Shebele a fait savoir que cette matière est un réarmement moral dans la lutte «permanente» contre les dérives et les dérapages constatés ces derniers temps au barreau.
Il a rappelé que le bâtonnier, est l’organe de l’ordre qui présente devant la Cour d’appel et au public le diplômé en droit qui arrive au barreau, pour la prestation de son serment d’avocat.
«A ce jour, il se fait que certains avocats qui sont nos membres cherchent, à tout prix, à méconnaître ou à contester l’autorité du même bâtonnier qui les avait présentés à la prestation de leur serment d’avocat, et surtout, cherchent à agir en marge de l’éthique professionnelle comme si l’exercice de la profession d’avocat était sans règles, en oubliant que l’accès à la profession d’avocat et son exercice sont du domaine de la loi qui en prescrit le cadre dans lequel évolue l’avocat», a déploré le bâtonnier national.
A cette occasion, il a présenté son inquiétude sur certains propos ou lettres officielles des avocats adressées aux autorités ordinales et même aux autorités judiciaires, ou des échanges entre avocats sur leur profession de manière générale, et sur le fonctionnement des barreaux de manière particulière, qui donnent l’impression que leurs auteurs ne sont pas avocats, ou sont étrangers au barreau.
Le langage de l’avocat contrôlé par l’éthique professionnelle et la courtoisie confraternelle
Pour Me Shebele, les raisons de cette crise de langage et de comportement ainsi que du mépris des règles professionnelles de la part de certains membres sont, certes, multiples mais la plus importante, selon lui, est celle du manque criant d’une formation adéquate en déontologie.
«Un avocat, peu importe les raisons qu’il peut évoquer, son langage doit absolument être contrôlé par son esprit pétri de l’éthique professionnelle et de la courtoisie confraternelle, outre le fait que s’il n’est pas d’accord avec une décision prise, il peut toujours exercer une voie de recours», a-t-il insisté.
Le bâtonnier national a exhorté les bâtonniers, membres du conseil national de l’ordre et membres des différents Conseils de l’ordre, à assumer leurs responsabilités lutter contre les comportements de certains de leurs membres qui cherchent à hypothéquer l’avenir de leur métier.
«De notre courage dépendra donc l’avenir de notre profession, le courage de décider et surtout d’appliquer nos propres décisions. Ne pas appliquer nos propres décisions c’est nous renier nous-mêmes », a martelé le Bâtonnier national.
«Les avocats exercent librement leur ministère sous réserve de leur soumission aux lois et règlement et du respect des règles propres à la déontologie de leur profession. Il y a donc une réserve relative au respect des règles déontologiques», a poursuivi le bâtonnier national. ACP/ODM

