RDC : le changement constitutionnel, bénéfique pour corriger les failles (Un avocat)

Kinshasa, 06 juin 2026 (ACP).– Le changement de la constitution de la République démocratique du Congo est bénéfique pour le pays, du fait qu’il va corriger certaines failles, a déclaré samedi, un avocat au cours d’un entretien avec l’ACP.

«Le changement de la constitution de notre pays présente un aspect très bénéfique, car la présente contient quelques failles, dans ce sens que dans celle-ci le chef de l’État est plus dans la supervision de ce qui se fait ; il n’est pas du tout dans la marmite. Nous voulons un chef de l’État qui a assez de pouvoirs, car c’est lui que le peuple tient pour responsable de tout», a dit Me Azaria Shacob, avocat au barreau de Kinshasa/Matete.

Et de poursuivre : «La constitution actuelle ne place pas le président au centre. C’est plutôt le Premier ministre qui possède assez de pouvoirs. Mais à la fin du mandat, la responsabilité du Premier ministre est oubliée, disant que c’est uniquement celle du chef de l’État qui est engagée».

Il a, à cette occasion, rappelé l’exemple de Moïse Katumbi, qui, a-t-il dit, à l’époque membre de l’Union sacrée, rappelait que « le chef de l’État sera seul responsable de son bilan, pourtant, ils étaient tous en coalition et avaient chacun des représentants au sein de ce gouvernement». Une situation, qu’il a qualifiée d’«absurde».

Des incohérences relevées

Me Shacob a, par ailleurs, indiqué que certains articles contenus dans la constitution contiennent des incohérences qui, a-t-il soulevé, ne contribuent pas à la bonne marche des institutions.

«On remarque dans ladite constitution qu’il y a un article qui dispose que le premier ministre définit la politique de la nation. Donc, logiquement c’est à lui qu’il faut demander le bilan. C’est absurde qu’on le demande au chef de l’État puisque c’est le Premier ministre à qui revient la responsabilité de définir la politique de la nation», a indiqué cet avocat.

Il a également exprimé son inquiétude quant à certains articles de la constitution qui donnent au président de la République la prérogative d’organiser les élections avant 90 jours de la fin de son mandat et la prestation de serment du nouveau président dans les dix jours qui suivent la fin du mandat du chef de l’État sortant, sans pour autant prévoir la personne qui peut assurer la présidence en cas de décès du président élu.

«Là où la constitution n’a rien prévu, c’est un cas de danger. Si le président de la République entrant décède avant la prestation de serment, la constitution n’a rien prévu qui assurera la présidence de la République», a ajouté cet avocat, avant de faire savoir que dans ce cas, les anciennes institutions ne vont plus être opérationnelles.

«Donc, il y aura un vide au sommet de l’État, parce que nous sommes dans une situation où on retrouve un président entrant qui décède et un président sortant qui ne peut plus engager la République», a-t-il expliqué avant d’appeler la population congolaise, dans son ensemble, et la jeunesse en particulier à soutenir le changement de la constitution pour avoir en place une constitution «plus claire». ACP/MN

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