Kinshasa, 7 septembre 2026 (ACP).- Le ministre d’État en charge de la Justice a réaffirmé à Mbanza-Ngungu dans le Kongo Central, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo, la responsabilité de l’État de veiller aux conditions de détention des personnes privées de liberté, a appris l’ACP dimanche de source officielle.
« Je suis venu vous rencontrer parce que vous êtes des concitoyens. Vous êtes en conflit avec la loi, mais nous avons la responsabilité de vous protéger et de nous assurer que vous êtes détenus dans des conditions acceptables et prévues par la loi », a déclaré le ministre d’État Guillaume Ngefa aux détenus, cité par une note de la cellule de communication de son ministère.
Cette déclaration est intervenue lors de sa visite à la prison de Mbanza-Ngungu, aménagée dans une ancienne maternité et prévue pour 150 personnes, mais qui accueille actuellement 427 détenus, dont 191 prévenus et 236 condamnés, selon la même source.
Prévenus et condamnés y cohabitent, tandis que les mineurs ne disposent pas d’un quartier adapté et que plusieurs détenus dorment à même le sol. Certains ont également contesté leur condamnation ou la durée de leur détention. L’un d’eux a notamment affirmé avoir purgé une peine de 20 mois et être resté incarcéré au-delà de cette période.
Ronde dans quelques établissements pénitentiaires

À Matadi, le ministre d’État Ngefa a visité la prison centrale, conçue elle aussi pour 150 personnes, mais qui accueille 834 détenus, dont 498 prévenus, 306 condamnés et une trentaine de mineurs, a rapporté la Cellule de communication.
Plus de 130 détenus passent la nuit dans une pièce d’environ huit mètres carrés. Plusieurs ont expliqué au ministre que le manque d’espace les contraint à dormir accroupis ou serrés les uns contre les autres, dans une pratique appelée « phénomène casier ». Des infiltrations d’eaux usées à proximité d’un dortoir ont également été relevées, selon la même source.
La situation des mineurs a particulièrement retenu l’attention du Garde des Sceaux. À Matadi, certains adolescents rencontrés ont déclaré être âgés de 13 ans. À Muanda, l’absence d’un espace approprié pour les enfants en conflit avec la loi a également été relevée lors de la visite du parquet près le Tribunal de paix.
À Inkisi, des détenus ont été trouvés assis à même le sol dans une cellule exiguë, rapporte la Cellule de communication. Le procureur de la République a plaidé pour la construction d’une prison adaptée, la maison d’arrêt actuelle ne disposant notamment ni de clôture ni d’infirmerie.
À Mbanza-Ngungu, Guillaume Ngefa a inspecté le dépôt de vivres, la cuisine et l’infirmerie. Selon les responsables, les détenus reçoivent un repas par jour et l’infirmerie dispose de peu de médicaments. Des cas de tuberculose et de choléra y ont également été signalés.
Des retards dans le versement des subventions destinées notamment à l’alimentation ont par ailleurs été rapportés au ministre. Ce dernier a dénoncé les pratiques dites d’« opérations retour », consistant, selon lui, à prélever indûment une partie des ressources destinées aux établissements pénitentiaires.
Il a annoncé une révision du circuit de décaissement afin de garantir que les fonds destinés aux prisons atteignent effectivement leur destination.
À Boma, M. Ngefa a notamment visité l’ancien fort militaire de Shinkakasa, dont la réhabilitation aux normes pénitentiaires modernes pourrait être étudiée afin de contribuer au désengorgement des établissements pénitentiaires.
A la fin de cette tournée, plusieurs priorités ont été dégagées, notamment le désengorgement des prisons, la séparation des différentes catégories de détenus, la protection des mineurs ainsi que l’amélioration de l’alimentation, des soins et de la gestion des ressources.
ACP/YD

