RDC: le néocolonialisme, un instrument de pérennisation du patrimonialisme par l’impérialisme (un professeur d’université)

Kinshasa, 28 août 2025 (ACP).- Le néocolonialisme a été présenté jeudi, par un professeur d’université comme un  instrument de pérennisation du patrimonialisme  par l’impérialisme dans une analyse juridique et constitutionnelle à l’intention des étudiants en droit de l’Université de Kinshasa, en République démocratique du Congo.

«Le néocolonialisme comme instrument de pérennisation du patrimonialisme rendu possible par l’impérialisme, lecture d’un constitutionnaliste. Le néocolonialisme ne se limite pas à une domination économique externe, mais s’appuie sur la complicité interne des élites africaines qui utilisent le pouvoir à des fins personnelles», a déclaré Mende Olenga,  professeur de droit constitutionnel  à l’université de Kinshasa.

Il a indiqué  qu’après les indépendances des années 60, une nouvelle forme de domination a émergé appelé le néocolonialisme, caractérisé par le maintien d’une influence étrangère, non plus formellement par le biais de lois, mais indirectement, via les élites locales, ajoutant que ces élites se sont positionnées comme de simples « courtiers » au service des intérêts étrangers.

C’est dans ce contexte que, a-t-il dit que  la confusion entre l’État et le patrimoine privé des dirigeants  s’est installé et a prospéré, avec comme conséquence, le pouvoir est exercé de manière personnelle, en s’appuyant sur des réseaux de clientélisme, où la sphère publique est utilisée à des fins privées.

Selon lui, «le néocolonialisme ne peut prospérer sans le néopatrimonialisme, soutenant que le premier protège le second, tandis que le second assure les intérêts du premier. Cette relation de dépendance mutuelle crée un cercle vicieux où les institutions informelles, c’est-à-dire les cercles politiques restreints, supplantent les institutions formelles et officielles», a-t-il poursuivi.

Ce professeur d’ université et  constitutionnaliste a également pointé du doigt l’illusion de la démocratie et de l’État de droit dans de nombreux pays africains où le retour apparent du multipartisme et des constitutions n’est souvent qu’une façade pour masquer la concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme ou d’une minorité d’élites, au service des puissances étrangères.

Il a, en conclusion,  insisté sur le fait que la solution aux problèmes de l’Afrique ne réside pas uniquement dans l’accusation des forces externes, mais aussi dans une prise de conscience de la complicité interne, d’autant plus que le néocolonialisme et le patrimonialisme sont les deux faces d’une même pièce, et l’un ne peut être combattu sans s’attaquer à l’autre.

ACP/ODM

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