Kinshasa: une société traduite en justice pour non-paiement d’un décompte final

Kinshasa, 28 août 2025 (ACP).- La société «Bonne Chance» a été traduite en justice jeudi, devant le tribunal du travail de Matete, au centre de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC ) pour  non-paiement  du décompte final, après la rupture abusive du contrat du travail avec son employé, lors d’une audience.


«Nous avons saisi votre tribunal suite à un litige individuel. Notre client a été engagé en mai 2023 comme travailleur dans la société «Bonne Chance SARL» et occupait le poste de gestionnaire de comptes. En octobre 2024, par un licenciement verbal, on lui a dit qu’il ne pouvait plus travailler dans cette société (…)», a plaidé l’avocat du travailleur Georges Safari.


Il a indiqué  qu’aucun blâme, ni avertissement, ni procédure disciplinaire n’a été ouverte contre son client  M. Safari. Sur cette base, la partie demanderesse demande que l’employeur (Société Bonne chance Sarl) soit condamné au paiement du décompte final, des arriérés de salaire ainsi qu’à 100.000 USD de dommages et intérêts.


«Depuis cette date, notre client est chômeur. La loi oblige à ce que 48 heures après, qu’on puisse lui payer son décompte final et la délivrance du certificat de fin de travail, ce qui n’a pas été fait », a ajouté l’avocat, ajoutant qu’en matière de travail, la preuve est libre selon l’article 49.


Le demandeur réclame son salaire de 17 mois, soit 3,3 millions de francs congolais, qui n’ont jamais été versés.


De son côté, la défense a soutenu l’irrecevabilité de l’action du fait de l’inexistence d’un contrat de travail.

«La société n’a jamais engagé le demandeur Georges Safari qui ne venait que temporairement, lorsqu’il y avait besoin de prestations spécifiques, et recevait son paiement à la journée », a déclaré Didier Diyoka, avocat de la société Bonne Chance.
Et d’ajouter: «Cette cause viole l’article 298 du code du travail car il n’y a pas de litige individuel en l’absence d’un véritable engagement. Le demandeur n’a produit aucun contrat de travail, ni certificat médical, ni attestation de fin de service ».

Il a enfin, sollicité la condamnation de M. Safari à 100.000 USD pour procédure «téméraire et vexatoire».
La cause a été renvoyée au 11 septembre pour audition de témoins,  a conclu Doudou Malangwa, président de la composition.
ACP/ODM

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