RDC : « Les imputations de sorcelleries sont punissables lorsqu’ elles portent atteinte à l’honneur d’une personne » (un avocat)

Kinshasa, 19 juillet 2026 (ACP)- Les imputation de la sorcellerie est punissable en République démocratique du Congo (RDC),  lorsqu’ils portent  atteinte à l’honneur, à la considération d’une personne ou l’exposent au mépris public, a relevé  dimanche un avocat, lors d’un entretien avec l’ACP à Kinshasa.

« Le droit congolais ne punit pas la sorcellerie comme phénomène, mais il sanctionne les imputations de sorcellerie lorsqu’elles portent atteinte à l’honneur, à la considération d’une personne ou l’exposent au mépris public », a déclaré Me Duli Muntu, avocat au barreau de Kinshasa-Matete.

Et d’ajouter : « Ces faits peuvent être qualifiés de diffamation, d’injure publique ou d’injure simple, selon les circonstances prévues par le Code pénal ».

Selon lui, dans le contexte congolais, une accusation de sorcellerie peut entraîner l’exclusion sociale, le rejet familial, des violences physiques, voire des cas de lynchage, ce qui justifie l’intervention du droit pénal, poursuivant que les raisons de cette incrimination sont que le législateur entend avant tout protéger la dignité et les droits fondamentaux des personnes.

S’agissant de la situation des enfants, Me Duli a rappelé que la législation congolaise protège spécifiquement les mineurs contre les accusations de sorcellerie, précisant  que la loi portant protection de l’enfant réprime l’auteur d’une telle accusation afin de prévenir les violences, les mauvais traitements et les abandons dont sont souvent victimes les enfants injustement désignés comme sorciers.

Par ailleurs, à la question de savoir si toute personne qui traite une autre de sorcière est automatiquement punissable,  il a indiqué que les juridictions apprécient chaque dossier en fonction des circonstances. «  Il appartient notamment au juge de vérifier si l’imputation est publique, si elle est malveillante, si elle vise un fait précis et si elle a porté atteinte à l’honneur ou à la réputation de la victime », a-t-il soutenu.

En ce qui concerne les conséquences sociales de ces accusations, Cet avocat a estimé que les croyances ne doivent jamais servir de fondement à des actes de stigmatisation ou de violence. Il a pour ce faire plaidé pour une plus grande sensibilisation des communautés afin de promouvoir le respect des droits humains et le règlement pacifique des différends.

La lutte contre les imputations abusives de sorcellerie passe par une meilleure connaissance de la loi et un recours systématique à la justice, a conclu ce praticien du droit, tout en invitant les citoyens à éviter les accusations sans preuve et à privilégier les voies légales pour la résolution des conflits, dans le respect de la dignité de chaque personne. ACP/B.N.

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