RDC : situation sécuritaire et respect des droits humains, objet d’un dialogue à Kinshasa

Kinshasa, 15 janvier 2026 (ACP).- La situation sécurité, les arrestations liées à des actes de déstabilisation et au respect des droits humains en République démocratique du Congo (RDC) ont fait l’objet, mercredi, d’un dialogue à Kinshasa, à l’initiative de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), a-t-on appris, jeudi, d’un communiqué.

« Initiée par la CNDH, dans le cadre de son mandat constitutionnel et légal, cette matinée d’échanges et d’information a été consacrée à la situation sécuritaire nationale, aux arrestations récentes liées à des présumés actes de déstabilisation des institutions de la République, ainsi qu’au respect des droits humains et des garanties procédurales. Ce qui a justifié la participation du Conseil national de cyberdéfense (CNC) », a relevé la cellule de communication de cette institution citoyenne, relayant Paul Nsapu, président de la CNDH.

Le président de la CNDH a été entouré, au cours de cette rencontre, de certains de ses collègues, Me Dido Kimbumbu, rapporteur, et de la révérende Véronique Furah, commissaire nationale en charge des droits des personnes vivant avec handicap et autres groupes. Des diplomates des USA, de la Suède, du Burundi, ainsi que des représentants de l’Onu et de l’Union européenne en RDC ont pris part à la rencontre, sans compter des organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme.

Le président Paul Nsapu a expliqué que cette matinée d’échanges a été organisée à la suite de la saisine de la CNDH par des proches, des familles et des avocats de certaines personnes interpellées ou arrêtées, sollicitant son intervention et son suivi dans ces dossiers sensibles.

Un cadre de dialogue et de clarification

Dans ce cadre, la CNDH, en tant qu’institution nationale indépendante de promotion et de protection des droits de l’homme, a assuré la facilitation des échanges, dans un esprit de transparence institutionnelle, de dialogue constructif et de respect de l’État de droit.

C’est ainsi que le CNC a été invité pour apporter des éclairages institutionnels sur les enjeux liés aux menaces dans le cyberespace, tandis que les échanges ont permis de rappeler le cadre légal et les principes applicables en matière de sécurité et de droits fondamentaux.

Diplomates et délégués des organisations de défense des droits humains présents à la matinée

Le président de la CNDH n’a pas manqué de souligner, dans son mot, qu’il s’agissait d’une rencontre qui s’était s’inscrit dans un contexte sécuritaire particulier, marqué par des interpellations et arrestations de personnes citées dans des présumés complots visant la déstabilisation des institutions de l’État. Il a relevé que ces développements ont suscité des interrogations légitimes de la part des partenaires, notamment en ce qui concerne le respect des droits humains, des garanties judiciaires et des procédures légales.

« Conformément à son mandat constitutionnel et légal de promotion et de protection des droits de l’homme, la CNDH a jugé opportun d’organiser cette matinée d’échanges, en vertu notamment de l’article 30 de sa loi organique, afin de créer un cadre d’information et de dialogue dans un esprit de transparence institutionnelle », a-t-il martelé.

Le CNC face aux menaces du cyberespaceIntervenant au cours des échanges, Me Prosper NTETIKA, représentant du CNC, a présenté les missions et attributions de cet organe rattaché à la Présidence de la République.

Créé en août 2023, le CNC a pour mission principale d’anticiper et de répondre aux menaces dans le cyberespace, de coordonner les activités liées à la cyber-sécurité et à la cyberdéfense, et d’apporter un appui technique aux organes judiciaires compétents.

Il a rappelé également que la RDC fait face, depuis plusieurs décennies, à des défis sécuritaires majeurs, ce qui justifie le renforcement des mécanismes technologiques de prévention et de protection des institutions de l’État.

Tout en soulignant le rôle d’appui du CNC, Me NTETIKA a tenu à préciser que celui-ci ne se substitue ni aux cours et tribunaux, ni aux parquets civils ou militaires.

« Le CNC intervient comme un expert technique, en appui aux organes judiciaires, notamment dans le traitement des infractions commises à travers le cyberespace », a-t-il expliqué.

Des échanges ouverts avec les partenairesLa matinée s’est poursuivie par une session d’échanges et de questions-réponses, facilitée par la CNDH, permettant aux participants de poser des questions, de formuler des préoccupations et de recevoir des éclairages institutionnels.

À travers cette initiative, la CNDH a réaffirmé son engagement à promouvoir le dialogue avec les partenaires, à veiller au respect des droits humains et à renforcer la confiance autour de son rôle, y compris dans un contexte sécuritaire sensible. ACP/C.L.

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