Tshopo : alerte sur le manque d’aliments à la prison centrale de Kisangani

Kisangani, 11 février 2026 (ACP).- Des détenus de la prison centrale de Kisangani, dans la province de la Tshopo, dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), manquent d’aliments et des soins de santé, a alerté mercredi le manager national du Bureau des inspecteurs des droits de l’Homme (BIDH), lors d’un entretien.

« Plusieurs mois se sont écoulés sans que la prison centrale de Kisangani ne bénéficie de la subvention (…) destinée à l’alimentation et aux soins de santé des détenus, selon les informations recueillies », a  déclaré Patrick Mupasa, à l’issue d’une mission de monitoring effectuée lundi et mardi dans cet établissement pénitentiaire.

« Cette situation expose les pensionnaires à des conditions de vie déplorables et constitue une violation de leurs droits fondamentaux », a-t-il ajouté.

Il a précisé que les détenus vivent actuellement dans des conditions précaires, caractérisées notamment par le manque de nourriture et de médicaments essentiels.

« L’organisation estime que cette situation risque d’aggraver davantage les conditions carcérales déjà fragilisées par la surpopulation et l’insuffisance des moyens logistiques », a-t-il rencheri.

De son côté, le directeur de la prison de Kisangani, Junior Okondja, a expliqué cette situation en ces termes : « Actuellement, c’est une situation générale, au regard du contexte que traverse le pays. Cela fait pratiquement trois trimestres que nous ne recevons plus la subvention du gouvernement central ».

« Nous comprenons ces difficultés et gardons l’espoir qu’elle sera rétablie prochainement afin d’assurer une meilleure prise en charge alimentaire des détenus », a-t-il ajouté.

Il a précisé que, face à cette carence, le gouvernement provincial apporte parfois un appui pour atténuer les difficultés, avec le concours de certaines confessions religieuses et de personnes de bonne volonté.

« Toutefois, ces interventions ponctuelles ne suffisent pas à couvrir les besoins croissants, dans un contexte de forte surpopulation carcérale », a dit M. Okondja.

Il a rappelé que cette maison carcérale a été construite pour une capacité de 500 détenus, mais elle héberge aujourd’hui plus de 1300 pensionnaires.

« Malgré l’appui du gouvernement provincial, des Églises catholiques et protestantes ainsi que d’autres bienfaiteurs, la situation demeure préoccupante », a ajouté le directeur de la prison de Kisangani.

ACP/UKB

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