Kinshasa, 16 avril 2026 (ACP).- Le magistrat du parquet a demandé jeudi, au tribunal pour enfants de Kinkole, dans l’Est de Kinshasa, capitale de République démocratique du Congo (RDC), de faire comparaître personnellement l’enfant en conflit avec la loi, présumé auteur de viol avec grossesse, à la prochaine audience.
« Je rappelle que la procédure exige une protection à tous les justiciables, la conséquence de ce manquement est grave, l’enfant Rosalie Malemba, âgée de 15 ans, victime de violence sexuelle est en situation de grossesse, l’auteur des faits, Glody Vunduawe, âgé de 17 ans, doit être mis à la disposition du tribunal.
En tant que magistrat du parquet, nous demandons au tribunal d’exiger la comparution personnelle de l’enfant en conflit avec la loi à la prochaine audience », a demandé le magistrat du parquet.
Et de poursuivre : « Lorsqu’une personne citée en justice subie de menaces, la procédure veut que son avocat puisse écrire au tribunal pour solliciter la sécurité de la personne menacée en apportant des preuves ou des témoignages.
Nous demandons à l’avocat de l’enfant en conflit avec la loi de déposer une plainte au pénal contre les frères de la victime qui menacent ledit garçon, du fait que l’avocat n’a pas respecté cette procédure. Par conséquent, votre tribunal va rejeter ces moyens ».
Me Christian Beya, avocat de l’enfant en conflit avec la loi, Vunduawe, a déclaré que son client était menacé chaque jour par les frères de la victime, c’est pourquoi la famille avait jugé bon de l’envoyer dans une autre commune pour sa protection.
« Ce n’est pas une fuite, ce déplacement est une mesure de sécurité légitime de l’enfant et l’apaisement de tensions pour éviter l’escalade de violence corporelle. C’est ce qui justifie le changement de résidence de nom client. Par ces motifs, je demande au juge de prendre une mesure de sécurité provisoire au profit de mon client qui subit des menaces », a plaidé Me Beya.
En réaction, Me Eddy Lokonya, avocat de la victime du viol avec grossesse, Malemba, a rejeté les arguments de la partie enfant en conflit avec la loi, les qualifiants des faux-fuyants.
« C’est des faux-fuyants, ma cliente a été rendue grosse lors de l’agression sexuelle. Selon le principe, l’avocat doit informer le tribunal en cas de menaces par des conclusions écrites, cela n’avait pas été fait, c’est sont des manœuvres dilatoires et une tentative de soustraire l’enfant de la justice », a renchéri Me Lokonya.
Le tribunal a exigé aux parents de l’enfant en conflit avec la loi de se présenter avec le fils à la prochaine audience, avant de renvoyer la cause à deux semaines. ACP/JF

