Kinshasa, 5 décembre 2025 (ACP).– Le cadre légal défini par l’ordonnance-loi n°22/030 pour la promotion de l’entrepreneuriat et des startups en République démocratique du Congo(RDC), a été expliqué aux entrepreneurs, lors de la première édition de « Startup Night », organisée à Kinshasa, capitale du pays, a appris l’ACP vendredi des organisateurs.
« Depuis le 8 septembre 2022, le Chef de l’État a signé l’ordonnance-loi sur l’entrepreneuriat et les startups. C’est un texte innovant, qui pose un nouveau cadre juridique applicable aux entreprises évoluant dans le secteur de l’innovation en RDC. Malheureusement, plus de trois ans après sa signature, très peu de personnes sont informées de l’existence de ce texte », a déclaré Lionel Kabeya, consultant en affaires et auteur du livre ABC du droit congolais.
« Il était donc important pour nous de poser les bases, dans un langage simple et clair, afin d’informer le public sur ce texte, son contenu et les différents avantages prévus pour les entrepreneurs », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, M. Lionel Kabeya a plaidé pour que les textes adoptés au Conseil des ministres, particulièrement celui portant sur le cadre légal, soient mis en œuvre.
« À ce stade, seuls quelques initiés et acteurs de l’écosystème mènent la bataille, comme les organismes patronaux, à l’exemple de la Fédération des entreprises du Congo(FEC). Mais en réalité, si le grand public, le Congolais lambda, comprenait les contours et les enjeux de ce texte, nous serions plus nombreux à nous impliquer dans le combat pour son application », a-t-il fait savoir.
Ouvrage sur «ABC du droit congolais » en matière de start-up

Vernissage de l’ouvrage « ABC du droit congolais »
S’agissant de son ouvrage intitulé « ABC du droit congolais », le consultant en affaires M. Kabeya a indiqué que celui-ci vient apporter une contribution importante dans cette bataille, en attendant les mesures d’application.
Structuré en quatre chapitres, l’ouvrage couvre les fondamentaux du droit congolais des startups et une introduction aux concepts clés, le second chapitre est consacré à la création et à la formalisation d’une startup en RDC, le troisième présente les différents avantages et obligations des startups en RDC ; enfin, le quatrième aborde les startups du secteur numérique.
« Était-il opportun de publier un ouvrage alors que nous attendons encore les mesures d’application ? La réponse est oui. Car au-delà du besoin d’informer le public, cet ouvrage (…) est également un outil de plaidoyer », a-t-il conclu.
Pour sa part, Mme Tysia Mukuna, présidente de la Commission nationale des jeunes entrepreneurs au sein de la FEC, a indiqué qu’aucun écosystème entrepreneurial ne peut prospérer sans un cadre clair, compris et accessible à tous.
« Je constate chaque jour combien la connaissance, en particulier juridique, est un élément déterminant pour transformer une idée en entreprise, et une entreprise en réussite durable. Très souvent, nos jeunes talents ne manquent ni d’ambition ni d’innovation, ils sont freinés par le manque d’informations fiables, accessibles et adaptées au contexte congolais. C’est précisément ce vide que vient combler cet ouvrage, avec clarté, pédagogie et rigueur », a-t-elle ajouté.
S’exprimant au nom de la Première ministre lors de cette première édition des startups, M. Freddy Mpinda, conseiller principal, a fait savoir que la bataille autour des mesures d’application est en cours depuis plusieurs mois, ce qui a donné naissance à un ouvrage qui explicite clairement les choses.
« Nous travaillons depuis longtemps sur ce sujet important. C’est un domaine dans lequel nous œuvrons d’arrache-pied pour que la startup devienne une réalité quotidienne », a-t-il indiqué.
Dans le cadre de la première édition de « Startup Night », placée sous le thème «Démystifier le cadre légal», plusieurs organismes d’accompagnement et de financement de jeunes entrepreneurs ont pris part à la rencontre, notamment l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat congolais (Anadec) et le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat congolais,(Fogec )afin de démontrer et d’expliquer la nécessité de ce cadre légal, un texte ambitieux dont on ne mesure pas toujours la portée, bien que les entrepreneurs de terrain et les juristes qui les accompagnent en maîtrisent davantage les subtilités.
Ce cadre légal vise à définir des critères, des avantages fiscaux et des mesures de soutien, ainsi qu’à favoriser la création d’entreprises, l’innovation et l’accès au financement, notamment pour les jeunes, les femmes et les personnes vivant avec handicap. Il ambitionne également de simplifier les procédures administratives et d’instituer un label pour les startups. Il a pour objectif global de stimuler la création, le développement et la croissance des entreprises en RDC.
ACP/JF

