RDC : la facture numérique et le financement freinent l’essor des start-up (un spécialiste)

Kinshasa, 5 décembre 2025 (ACP).- La fracture numérique, le financement et l’application des cadres juridiques freinent le développement des start-up en République démocratique du Congo, a indiqué vendredi un spécialiste du secteur, lors de la première édition de « Startup Night » organisée à Kinshasa, la capitale.

« Les lois existantes, comme celle portant promotion de l’entrepreneuriat et des start-up ainsi que le Code du numérique, ont apporté des avancées importantes. Mais elles n’ont pas encore résolu le problème fondamental de la fracture digitale », a déclaré Junior Luyindula, Senior legal counsel au cabinet SiA avocats.

Il a expliqué que la dématérialisation de certains services, comme l’accès facilité à un avocat via une application, illustre le potentiel du numérique, mais ne suffit pas à combler les lacunes structurelles qui freinent le secteur. Selon lui, le développement des start-up dépend également de la capacité du pays à attirer des investissements sécurisés.

« On parle de financement, de capital-risque. Mais pourquoi un business angel investirait-il dans une start-up si les mécanismes censés sécuriser cet investissement ne sont pas encore effectifs ? », s’est-il interrogé.

Il a ajouté que de nombreuses start-up africaines sont contraintes de créer des sociétés mères à l’étranger pour lever des fonds, privant les économies locales de retombées directes. « La société installée à l’étranger capte le financement, tandis que celle basée ici ne reçoit presque rien. C’est un handicap majeur pour notre économie », a-t-il déploré.

Il a également mis en garde contre le retard dans l’application des normes, dû au manque de coordination entre les institutions concernées, notamment le ministère des Finances et les structures de régulation. « Tant que les dispositifs de recensement, de contrôle et de sécurisation des investissements ne seront pas opérationnels, le financement des start-up restera limité », a-t-il insisté.

Pour l’expert, les textes actuels constituent une base solide, mais leur efficacité dépend de leur application concrète. Il a appelé à accélérer le travail institutionnel afin de créer un environnement propice au financement local et réduire la dépendance vis-à-vis des investisseurs étrangers.

« L’entrepreneuriat numérique représente une opportunité stratégique pour la RDC, mais nous devons renforcer les mécanismes de financement, réduire la fracture numérique et assurer une application cohérente des normes pour permettre au secteur de se développer », a conclu Me Luyindula.

ACP/JF

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