Kinshasa, 03 septembre 2026 (ACP).- Le taxi-moto a été perçu jeudi à l’ACP, comme une activité économique susceptible de générer des revenus importants à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), en dépit des charges d’exploitation, des contraintes réglementaires et des difficultés liées à la circulation.
« Le développement du taxi-moto dans la capitale congolaise comme une activité lucrative s’explique principalement par la forte demande de mobilité des populations, particulièrement dans les zones confrontées aux embouteillages et à l’insuffisance des moyens de transport en commun », a affirmé Bienvenue Kombe, taximan.
« Le taxi-moto peut être un business rentable, à condition de le considérer comme une véritable entreprise et non simplement comme une activité de survie », a-t-il ajouté.
M. Kombe a expliqué que la rentabilité dépend notamment du nombre de courses effectuées quotidiennement, du prix moyen des trajets, de la consommation de carburant, de l’entretien de la moto et du statut du conducteur.
Pour un propriétaire qui met une moto en exploitation, a-t-il poursuivi, le système de versement quotidien peut constituer une source régulière de revenus.
Toutefois, le propriétaire doit tenir compte de l’amortissement de l’engin, des réparations, des périodes d’immobilisation et des autres charges liées à son exploitation.
« L’erreur serait de regarder uniquement l’argent remis chaque soir par le conducteur sans calculer les dépenses d’entretien et la dépréciation de la moto », a-t-il fait remarquer.
Cet investissement nécessite une gestion rigoureuse, a indiqué Bienvenue Kombe, avant d’insister sur l’importance du choix du conducteur, considéré comme l’un des principaux facteurs de réussite de ce modèle économique.
Choisir un conducteur responsable pour préserver l’engin
Selon lui, le choix d’un conducteur responsable et régulier permet de préserver l’engin et d’assurer une meilleure stabilité des recettes.
Il a également recommandé aux investisseurs de mettre en place un mécanisme simple de suivi des recettes, du carburant, des réparations et des versements journaliers.
Cette approche permettrait, selon lui, de déterminer avec précision le bénéfice réel généré par chaque moto et de savoir à quel moment l’investissement initial est récupéré.
Le contexte de Kinshasa offre par ailleurs un avantage particulier aux motos : leur capacité à se déplacer plus facilement dans les embouteillages. Cette caractéristique renforce leur attractivité auprès des usagers qui cherchent à réduire leur temps de déplacement.
Vers une professionnalisation du secteur
Pour Bienvenue Kombe la véritable rentabilité du taxi-moto à Kinshasa passe par la professionnalisation du secteur.
Il a estimé que les propriétaires devraient progressivement passer d’une gestion individuelle et informelle à un modèle mieux structuré, avec un suivi financier, un entretien préventif et une sélection rigoureuse des conducteurs.
À terme, a-t-il indiqué, un investisseur disposant de plusieurs motos pourrait constituer une petite flotte et créer plusieurs emplois, tout en générant des revenus réguliers.
« A Kinshasa, le taxi-moto ne devrait plus être perçu uniquement comme un moyen de déplacement ou une activité informelle, mais également comme un segment du transport urbain susceptible de contribuer à l’emploi des jeunes et à la création de petites entreprises », a dit M. Kombe.
Pour l’entrepreneur, l’enjeu consiste désormais à concilier rentabilité, sécurité, respect de la réglementation et professionnalisation, afin de faire du taxi-moto un investissement durable dans l’économie urbaine kinoise.
L’Assemblée provinciale de Kinshasa a adopté en avril 2026, un édit portant réglementation du transport par taxi-moto afin d’encadrer cette activité et de promouvoir son exercice dans le respect du Code de la route.
Le secteur reste cependant confronté à plusieurs défis, notamment les accidents de circulation, l’état de certaines routes, les contrôles routiers et les contraintes réglementaires. ACP/Ka

