RDC : le déficit d’emballages locaux freine la transformation agroalimentaire

Kinshasa, 1er septembre 2026 (ACP).- Le déficit d’unités locales de fabrication d’emballages constitue un frein au développement et au passage à l’échelle des petites entreprises de transformation agroalimentaire en République démocratique du Congo(RDC), a indiqué mardi à l’ACP un économiste lors d’un échange à Kinshasa, la capitale.

« La production locale d’emballages est faible, contraignant les transformateurs à recourir à l’importation, souvent à des coûts élevés. Bouteilles en plastique PET, bouchons, flacons pour cosmétiques ou cartons d’emballage secondaire proviennent majoritairement d’Afrique du Nord, d’Asie ou d’Europe », a déclaré Trésor Kalonji, économiste.

Selon M. kalonji cette situation pénalise particulièrement les petits transformateurs agroalimentaires qui souhaitent quitter progressivement le marché informel pour intégrer les circuits de la grande distribution. Le coût et l’accessibilité des emballages standardisés constituent, dans ce contexte, des contraintes importantes pour ces opérateurs.

« A titre d’illustration, le cas d’une petite productrice de jus de bissap à Kinshasa permet de comprendre les difficultés rencontrées par les micro-transformateurs. Partie d’une production artisanale d’une cinquantaine de bouteilles en verre par semaine, elle s’approvisionne en bouteilles recyclées auprès de restaurants ou de dépôts de boissons, faute d’une unité locale en mesure de lui fournir des contenants neufs et standardisés à un coût accessible », a-t-il indiqué 

M. kalonji a fait savoir que les étiquettes sont imprimées et collées manuellement, tandis que les capsules sont récupérées une à une. Cette pratique, courante chez les micro-transformateurs, leur permet de maîtriser les coûts et de maintenir leurs produits sur les marchés de quartier, où la demande demeure appréciable.

Pour l’économiste, le développement d’une industrie locale de l’emballage contribuerait à renforcer la compétitivité des transformateurs congolais, à réduire leur dépendance aux importations et à faciliter leur accès aux circuits modernes de distribution.

Il a ainsi plaidé pour le développement d’unités locales capables de produire différents types d’emballages adaptés aux besoins des petites et moyennes entreprises, notamment dans les secteurs agroalimentaire et cosmétique.

Cette dynamique pourrait également favoriser la création d’emplois et l’émergence de nouvelles chaînes de valeur autour de la transformation locale, en renforçant progressivement l’écosystème industriel congolais. ACP/Suk.

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