25 toiles illustrant la violence des conflits armés exposées au Musée-RDC

Kinshasa, 6 février 2026 (ACP).- Une vingtaine d’œuvres picturales illustrant les violences des conflits armés dans la partie-Est du pays, ont été exposées jeudi au musée national de la République démocratique du Congo, à Kinshasa, dans le cadre d’un vernissage dénommé « Mémoire », pour donner la voix à la mémoire collective à travers l’art.

«Nous avons exposés vingt-cinq (25) œuvres qui abordent les violences, les déplacements des familles, la problématique des enfants soldats, le courage des femmes et l’espoir qui persiste. La mémoire collective est un droit et un devoir. Un devoir pour un peuple de garder ses souvenirs, et le droit à la justice parce qu’amnistier, ce n’est pas rendre justice parce que quand on amnistie, on prône l’oubli et quand on oublie, on ne fait pas justice», a déclaré la peintre Marthe Tussi.

Pour Mme Tussi, la mémoire collective peut se manifester de différentes manières, notamment à travers les peintures, les récits, les chants et les contes.

L’exposition a réuni trois artistes à savoir, Délice Katanga, qui aborde particulièrement la question des enfants dans les conflits armés, Oka Kibel’Bel, centrée sur les femmes avec un style en noir et blanc, et Marthe Tussi, qui traite de la violence faite aux civils, du recrutement d’enfants soldats et de la protection de la mémoire.

‘‘Kumbuka’’, un tableau pour se rappeler du passé et projeter le futur

Parmi les œuvres, ‘‘Kumbuka’’ (signifiant Rappelle-toi), interpelle sur la mémoire collective afin de soutenir les personnes ayant survécu aux atrocités des conflits qui frappent l’Est de la RDC depuis trois décennies.

«Ce tableau de deux fillettes, je l’ai nommé « Kumbuka » qui signifie en français « Rappelle-toi ». Rappelle-toi parce que c’est important. Rappelle-toi parce que ta vie dépend de la génération future, ta descendance dépend de comment tu te rappelles de ce qui s’est passé et comment tu utilises toutes ces mémoires, toutes ces leçons apprises dans le présent», a expliqué Marthe Tussi.

Elle a précisé que l’œuvre s’inspire de son expérience personnelle: «Celle qui me touche particulièrement, c’est l’image des deux enfants. C’est l’image que j’ai choisie pour les affiches et les invitations. Elle parle de moi et de ma grande sœur parce que quand les massacres de Beni ont commencé, nous étions sur la moto en partant au lycée. On sentait une atmosphère lourde, incompréhensible, comme si la nature elle-même comprenait qu’il se passait quelque chose d’horrible».

«Malheureusement, ce qu’on ne peut souhaiter à aucun enfant, on a vu passer un homme égorgé sur la moto. Cela m’a profondément choquée et m’a fait comprendre que se rappeler, c’est partir des bases de l’histoire pour construire un monde imaginaire, un monde idéal. C’est ainsi que « Kumbuka » est l’œuvre qui m’a le plus marquée», a-t-elle ajouté.

L’exposition se poursuivra jusqu’au 22 février et entend présenter l’art comme un outil de reconstruction, en créant un espace post-conflit pour contribuer à la cohésion nationale. ACP/ODM

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