Appui aux projets culturels : une équation à résoudre par le gouvernement !

Kinshasa, 6 janv. 2026 (ACP).-Pour booster le secteur culturel congolais, un fond pour appuyer la mobilité des artistes et l’implémentation des projets culturels est nécessaire. La culture étant un pilier pour le soft power congolais mérite une allocation conséquente pour pouvoir porter haut les valeurs de la diversité culturelle qu’incarne la RDC. À ce jour, plusieurs projets culturels meurent soit dans  l’œuf soit après deux ou trois éditions faute d’un accompagnement rigoureux.

Portant le statut juridique des Asbl, des « entreprises culturelles » peuvent aussi contribuer à l’économie nationale. Mais, la transformation entamée n’a jamais eu d’effets laissant tout un secteur avec la main tendue sans contrainte de contribuer à la caisse publique.

Fonds de promotion cultuel, un géant aux pieds d’argile !

Mis sur pieds  pour soutenir la création artistique et promouvoir la diversité culturelle en République démocratique du Congo, le Fonds pour la promotion culturelle (FPC) peine aujourd’hui à remplir pleinement sa mission. En cause : un déficit chronique de moyens financiers et l’absence de critères clairs et transparents dans l’attribution des financements.

Cette structure créée le 3 avril 1987 par l’ordonnance-loi n° 87-013, le FPC portait le nom du« Fonds Mobutu Sese Seko » ayant pour mission de promouvoir la culture et les activités artistiques nationales de l’ancien régime. C’est en 2011 qu’il a été restructuré en établissement public doté de personnalité juridique et d’une autonomie administrative et financière par décret n° 011/30. 

Et depuis son lancement, le fonds a suscité de nombreux espoirs au sein de la communauté artistique. Il est perçu comme un outil stratégique capable d’accompagner les créateurs, de soutenir la production culturelle et de favoriser la diffusion des œuvres congolaises tant au niveau national qu’international. Toutefois, sur le terrain, les réalités sont plus complexes.

Plusieurs acteurs culturels dénoncent un budget largement insuffisant, incapable de répondre au nombre croissant de demandes. Chaque année, des dizaines de projets artistiques  dont théâtre, musique, cinéma, arts visuels ou littérature restent sans soutien, faute de ressources disponibles.

Cette situation fragilise particulièrement les jeunes créateurs et les initiatives issues des provinces, souvent exclues des mécanismes de financement.

Criterium non dévoilé !

À cela s’ajoute un autre défi majeur : le manque de clarté dans les critères de sélection. De nombreux porteurs de projets déplorent l’absence d’informations précises sur les conditions d’éligibilité, les procédures d’évaluation et les motifs de rejet des dossiers. Cette opacité alimente un sentiment d’injustice et fragilise la confiance entre les acteurs culturels et l’institution.

Selon le rapport dévoilé en décembre 2025 par les services de communication du FPC, en mai 2025, seulement 22 projets ont été sélectionnés parmi plus de 300 candidatures. Les critères n’ont jamais été dévoilés.

Face à ces constats, les professionnels du secteur appellent à une réforme profonde du fonctionnement du fonds. Ils recommandent notamment l’augmentation de l’enveloppe budgétaire, la publication régulière d’appels à projets et de subventions clairs et accessibles, ainsi que la mise en place de mécanismes de suivi et d’évaluation transparents.

Aussi, l’implication de partenaires techniques et financiers est également perçue comme une voie essentielle pour renforcer la viabilité du dispositif. Un regard particulier sur un appui à la création et à la mobilité des artistes !

Un secteur de souveraineté méritant un regard soutenu du gouvernement

Face aux nombreux défis auxquels sont confrontés les artistes et acteurs culturels, l’allocation d’un financement conséquent dédié à la mobilité et à la création artistique s’impose comme une priorité stratégique du gouvernement. La mobilité permet aux créateurs de participer à des résidences, festivals et échanges professionnels, favorisant ainsi la visibilité nationale et internationale, le partage d’expériences et la professionnalisation du secteur culturel.

Actuellement, le manque de ressources financières freine considérablement la circulation des artistes et limite l’émergence de projets innovants. Une allocation budgétaire renforcée permettrait non seulement de soutenir la production artistique, mais aussi de stimuler l’économie créative, de créer des emplois et de renforcer le rayonnement culturel du pays.

Il est donc recommandé aux pouvoirs publics et aux partenaires institutionnels d’augmenter significativement les fonds dédiés à la mobilité et à la création artistique, tout en assurant une gestion transparente et équitable. À ce stade, il est de bon aloi de se servir de l’expérience de la Direction des médias et industries culturelles du Ministère français de la culture pour bâtir des Industries culturelles et créatives capables de contribuer à l’économie nationale. Ceci permettra à ce secteur de relier le divertissement à l’économie de la culture.

Un tel engagement contribuerait à bâtir un écosystème culturel dynamique, inclusif et durable, au service du développement national et de l’expression artistique. ACP/

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