Art contemporain: une œuvre sur la mémoire coloniale analysée à Kinshasa

Kinshasa, 6 février 2026 (ACP).- L’analyse d’une œuvre de l’artiste plasticien de la République démocratique du Congo, Aimé Mpane, exposée dans une galerie d’art à Kinshasa, a été au centre d’une réflexion sur la mémoire coloniale et ses violences, selon un critique d’art interviewé vendredi par l’ACP.

«Cette œuvre se déploie comme un dispositif mémoriel où le matériel devient le lieu d’apparition de l’immatériel, notamment l’histoire, la mémoire blessée et l’absence», a déclaré le critique d’art John Bongenya.

«La figure humaine fragmentée et ajourée représente un corps collectif, celui du Congo, tenu debout malgré la dislocation», a-t-il fait savoir.

Selon Bongenya, le bois brut utilisé dans cette œuvre renvoie à la terre congolaise, à l’exploitation coloniale et aux cercueils anonymes de l’histoire, tandis que les silhouettes découpées disposées au sol évoquent des corps abattus.

«Les chaussures abandonnées traduisent l’idée d’un départ forcé et d’une humanité interrompue», a-t-il expliqué.

La présence d’une croix portant l’inscription ‘‘Congo 1885’’ a également été relevée, en référence à la Conférence de Berlin, considérée comme le point de départ d’une violence systémique.

«Cette croix agit comme un marqueur de mort et d’ensevelissement politique, dont l’ombre dépasse le corps réel et symbolise le poids de la mémoire coloniale», a précisé John Bongenya.

«Pour cette œuvre, Aimé Mpane a utilisé des matériaux simples pour interpeller sur une histoire qui continue de peser sur la mémoire collective», a-t-il conclu. ACP/ODM

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